Si les Français sont toujours aussi enthousiastes à l'idée de partir en vacances cet été, beaucoup sont rattrapés par les réalités budgétaires et géopolitiques. Selon une étude Ipsos-BVA, 76% d'entre eux prévoient de partir, soit 6% de moins qu'en 2025, l’un des replis les plus prononcés en Europe !
Parmi les 76% qui auront la chance de changer d'air, 68% passeront au moins une partie de leurs vacances dans l’Hexagone, dont 51% exclusivement en France, une progression spectaculaire de +15 points par rapport à l'année dernière.
Le budget comme premier arbitre
Le facteur budgétaire demeure toujours aussi déterminant dans ces prises de décision. L’inflation pèse sur les projets de voyage de 78 % des Français, parmi ceux qui renoncent à partir cet été, 43 % évoquent le coût comme principal obstacle.
Cette contrainte financière s’entremêle désormais avec le contexte international, toujours aussi incertain, qui renforce les arbitrages des ménages. Entre hausse des prix et inquiétudes liées aux déplacements à l’étranger, de nombreux Français privilégient donc des vacances plus proches, perçues à la fois comme plus maîtrisables financièrement et plus rassurantes.
"J’ai écourté mon séjour de trois semaines"
"J’ai écourté mon séjour de trois semaines : les prix des billets augmentaient de 50 à 100 euros tous les 2-3 jours. Ça devenait ingérable", témoigne Dylan, dans les rues de la capitale, au micro de Sud Radio.
"Vu la situation internationale, partir à l’étranger ne me rassurait pas"
"On est très bien en France, et au moins, on évite le risque de se retrouver bloqués. Vu la situation internationale, partir à l’étranger ne me rassurait pas du tout", affirme de son côté Karine, mère de famille. "Au-delà du coût, il y a aussi la peur de rester coincé à l’étranger. C’est quelque chose qui peut vraiment faire hésiter aujourd’hui", ajoute également Dylan.
Selon l'étude Ipsos, plus d’un vacancier sur deux (55 %) estime désormais que le risque de conflit armé est un critère essentiel dans le choix de sa destination. Un niveau stable par rapport à 2025, mais en hausse de 12 points en deux ans.
Le climat politique du pays de destination s’impose lui aussi comme un facteur déterminant : 40 % des voyageurs français le jugent désormais essentiel, soit une progression de 7 points par rapport à 2024. Un élément qui influence de plus en plus directement les choix de destinations.
PACA, Occitanie et Bretagne sur le podium
Du côté des professionnels du tourisme, ces hésitations sont bien perceptibles. "On sent une vraie appréhension chez certains clients, avec des annulations ou des vols modifiés. Mais gérer les imprévus, ça fait partie de notre quotidien", tempère un responsable d’agence de voyage parisienne.
Malgré ces incertitudes,l’envie de vacances reste intacte. Et les destinations françaises continuent de tirer leur épingle du jeu. Le trio de tête reste inchangé : la Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Occitanie et la Bretagne figurent parmi les régions les plus prisées.
Dans un monde instable, les Français semblent ainsi faire le choix de la proximité et de la sécurité, sans pour autant renoncer à s’évader.