Plus de 800 000 personnes meurent chaque année dans le monde en raison des risques psychosociaux liés au travail. C’est le constat alarmant dressé par un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT). En cause : le stress, des durées de travail excessives ou encore des situations de harcèlement !
Surcharges de travail, horaires excessifs, insécurité de l'emploi...
Ces risques psychosociaux désignent l’ensemble des situations de travail susceptibles de porter atteinte à la santé mentale, physique et sociale des salariés. Ils ne se limitent pas au seul stress, mais englobent un large éventail de facteurs liés à l’organisation et aux relations de travail.
Parmi les principaux risques identifiés figurent la surcharge de travail, les horaires excessifs, le manque d’autonomie, l’insécurité de l’emploi, mais aussi les violences internes (conflits, harcèlement moral ou sexuel) et externes (agressions de la part du public). Ces situations peuvent générer un mal-être durable et favoriser l’apparition de troubles anxieux, de dépressions ou de maladies cardiovasculaires.
Jeunes de moins de 35 ans, personnes en situation de handicap, immigrés...
Tous les salariés ne sont pas touchés de la même manière par les risques psychosociaux. Certaines catégories apparaissent particulièrement vulnérables, en raison de leurs conditions d’emploi ou de travail. C’est notamment le cas des jeunes de moins de 35 ans, souvent confrontés à la précarité et à une moindre stabilité professionnelle.
Les travailleurs immigrés sont également davantage exposés, notamment en raison d’emplois plus précaires ou de barrières linguistiques et sociales qui peuvent compliquer leur intégration dans l’entreprise. Les personnes en situation de handicap figurent elles aussi parmi les publics les plus à risque, du fait d’un accès parfois plus limité à certains postes ou à des conditions de travail adaptées.
"On peut agir avec un management de qualité"
Interrogée au micro de Mathéo Lamblot, Anne-Michelle Chartier, médecin du travail, déléguée nationale du syndicat FECGC Santé au Travail, estime qu'il est urgent de se donner les moyens d'agir face à ce fléau : "On peut agir à travers un management de qualité. Mais cela suppose aussi de redonner du temps aux managers pour qu’ils puissent réellement encadrer leurs équipes", estime-t-elle.
"Le management à la française a été pointé du doigt pour son manque d’autonomie, d’encadrement et de confiance. Des formations sont prévues dans le plan santé-travail, mais encore faut-il avoir le temps de les mettre en place dans les entreprises", rappelle-t-elle également.
Prévenir plutôt que subir
Dans son rapport, l’OIT appelle ainsi à agir en priorité sur les causes profondes : organisation du travail, charge, clarté des rôles ou encore pratiques managériales. L’enjeu est aussi économique. Les risques psychosociaux représenteraient environ 1,37 % du PIB mondial en pertes chaque année.
Pour les experts, la prévention passe par des politiques publiques plus ambitieuses, mais aussi par une meilleure formation des managers et une transformation des pratiques en entreprise.
"Les risques psychosociaux deviennent l’un des défis les plus importants pour la santé au travail", alerte l’organisation. Dans un monde professionnel en pleine mutation, entre numérisation, télétravail et intensification des rythmes,la question de la santé mentale au travail s’impose désormais comme un enjeu central.