L’ancien animateur de France Télévisions est au cœur d’une vive polémique après la diffusion d’une chanson jugée sexiste visant Delphine Ernotte, qui a décidé de porter plainte. L’affaire a rapidement pris une dimension politique, plusieurs membres du gouvernement apportant leur soutien à la dirigeante, tandis que les propos de l’artiste ont été largement dénoncés dans le débat public. Ce nouvel épisode s’inscrit dans un conflit plus ancien entre Patrick Sébastien et Delphine Ernotte, remontant à son éviction de France 2. Entre accusations de mise à l’écart, tensions sur la ligne éditoriale du service public et divergences sur la liberté d’expression, Patrick Sébastien défend sa vision d’un humour sans filtre et dénonce ce qu’il perçoit comme une censure croissante au micro de Valérie Expert, Gilles Ganzmann et Albin Teixera, sur Sud Radio.
Patrick Sébastien sur son éviction de France 2 : "On a dit au public : 'non non, c'est pas pour vous, ça'"
Comment prenez-vous les critiques qui vous sont faites après la sortie de cette chanson ?
Patrick Sébastien : Moi, j'avais 14 ans en 1968, c'était : "il est interdit d'interdire". Et aujourd'hui, c'est ces gens-là qui interdisent tout. Je peux pas être d'accord avec ces gens-là. Ou alors faut rayer "Liberté" du fronton des mairies. Parce qu'aujourd'hui, c'est ça, le truc : "liberté, quels que soient les excès". En plus, la chanson que je fais sur Delphine, je ne la menace pas, je ne l'insulte pas. On dit que je sexualise les femmes. Excusez-moi, tu as été dans les conversations de filles ? Il y a des femmes qui sexualisent bien les mecs.
Vous le dites quand même avec des mots grossiers…
Patrick Sébastien : Non, c'est pas ça. C'est : "si on avait une relation amoureuse…". Alors, je le dis avec des mots grossiers, parce que ça passe aussi par ça. En plus, c'est gentil : "on aurait été heureux, ça aurait été merveilleux".
Vous attendiez-vous à ce que Delphine Ernotte porte plainte ?
Patrick Sébastien : Ce n'est pas que je m'y attendais, c'est que je l'espérais ! Je me disais : "putain, pourvu qu'elle porte plainte !". Ils sont tellement dans leurs oeillères que bien sûr, ils vont s'offusquer. Alors qu'il y a tellement mille raisons de plus de s'offusquer ! Ce qu'elle a dit sur moi : "les hommes blancs de plus de 50 ans"… C'est punissable par la loi, il y a un article de loi, on ne peut pas virer quelqu'un pour son âge, pour sa couleur ou pour son sexe. Si on avait dit la même chose sur une femme : "il y a trop de femmes noires de plus de 50 ans". On les a pas entendus, tous les donneurs de leçons, quand elle avait dit ça. Et les conséquences pour moi, elles ont été quand même… on a viré beaucoup de monde, on a fermé notre truc. Ce n'est pas que je suis vexé - ça a eu des répercussions professionnelles pour les gens qui travaillaient avec moi, et en plus pour le public, qui aimait ça. On lui a dit : "non non, c'est pas pour vous, ça".
"Je voudrais qu'on dise de moi : 'C'est un gros beauf'"
Qu'est-ce que vous voudriez qu'on dise au "20 heures" de France 2 quand vous serez disparu ?
Patrick Sébastien : "'C'est un gros beauf qui faisait des choses". Parce que je reçois tous ces commentaires-là. Moi, ça fait quand même 50 ans qu'on traite de gros con et de gros beauf, et je ne dis rien.
Vous ne préférez pas qu'on dise "un poète est parti ?"
Patrick Sébastien : Je m'en fous de ça. Moi, la seule chose qui m'intéresse quand je serai parti, c'est que mes enfants vivent bien. Et leur laisser un monde qui ne soit pas celui qu'on a en ce moment. C'est pour ça que je me bats. Pour la liberté aussi. Cela fait plus de dix ans qu'on est dans les mains de cette gauche. Moi, j'ai beaucoup de respect pour la gauche, mais pas celle-là. Parce que la gauche de Jaurès, la gauche de Bloom, qui s'intéressait au peuple, celle-là, elle me plaît. Là, on est arrivés à des gens qui méprisent tout ce qui est peuple.
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