Nîmes : début de la feria dans un contexte de baisse de fréquentation pour la corrida

Une corrida à Madrid, en avril 2017 (©ALBERTO SIMON - AFP)

Alors que la feria de la Pentecôte débute à Nîmes (Gard) ce jeudi, le rassemblement tauromachique le plus important de France souffre depuis quelques années d’un certain essoufflement.

C’est parti pour cinq jours de festivités à Nîmes ! Lancée dans les années 1980, la feria de la Pentecôte reste aujourd’hui le plus grand rendez-vous tauromachique en France. Courses camarguaises, cortège de la Pégoulade, défilé d’un serpent géant porté par des chanteurs et des danseurs, et bien sûr les traditionnelles corridas sont au programme. Mais depuis 2015, les corridas de Nîmes perdent pas moins de 5% de spectateurs par an. Pas de quoi inquiéter cependant Frédéric Pastore, adjoint au maire en charge de la tauromachie et des festivités.

"Sur les dernières années, il y a eu une stabilisation après la petite baisse des années 2014-2015. Les chiffres sont en train de remonter, il y a beaucoup d’optimisme sur ce plan-là, avec beaucoup de jeunes toreros qui poussent derrière et qui sont de grandes vedettes en devenir. Et puis il y a aussi un renouvellement du public, et c’est quelque chose de tout à fait normal. Sur l’ensemble des villes taurines, il n’y a pas de désaffection et de perte de vitesse. Je vois tous les hôtels et restaurants se préparer pour ce grand mouvement populaire et je ne peux être qu’optimiste", assure-t-il au micro de Sud Radio.

"On vit une époque troublée, les gens n’ont plus envie de corrida"

Mais alors que les spectacles de corridas sont de plus en plus critiqués par les associations de protection et défense des animaux, Claire Starozinski, présidente de l’Alliance anti-corrida, affirme que la baisse de fréquentation observée est tout sauf un hasard. "73% des Français ne veulent plus de corrida. On vit une époque troublée et les gens n’ont plus envie de ça", clame-t-elle. Mais pour André Viard, président de l’Observatoire national des cultures taurines, la raison est à chercher ailleurs.

"C’est surtout dans la fréquentation des férias qu’il y a perte de vitesse, et celle-ci est directement liée aux récents attentats que la France a connu. Ils imposent des mesures de sécurité tout à fait normales mais qui compliquent l’arrivée des gens jusqu’aux arènes et qui dissuadent aussi pas mal de personnes de se rendre dans de grands regroupements festifs. On s’aperçoit heureusement que là aussi, la tendance s’inverse puisque les prévisions des fêtes taurines cette année sont largement à la hausse par rapport à l’an dernier et il y a deux ans", indique-t-il.

Un reportage de Martin Juret

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