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Municipales: pour le RN, une victoire sans trophée majeur

Fort de plusieurs dizaines de victoires au second tour des municipales, le Rassemblement national se félicite d'une "percée historique", même si le parti à la flamme se heurte toujours au plafond de verre dans les grandes villes comme Toulon, Nîmes ou Marseille.

Sameer AL-DOUMY - AFP

Fort de plusieurs dizaines de victoires au second tour des municipales, le Rassemblement national se félicite d'une "percée historique", même si le parti à la flamme se heurte toujours au plafond de verre dans les grandes villes comme Toulon, Nîmes ou Marseille.

Il n'est que 22 heures quand Marine Le Pen dit déjà avoir passé "une très bonne soirée".

Effacés, les semi-échecs à répétition aux municipales. Cette fois-ci, elle peut se targuer, devant la caméra de France 2, d'une "foison de petites villes et de villes moyennes gagnées par le Rassemblement national".

La semaine dernière, la formation d'extrême droite avait doublé son nombre de maires dès le premier tour, avec 24 communes glanées - dont une dizaines de sortants réélus à l'instar de Louis Aliot à Perpignan.

Au final, le RN "multiplie par six ou par sept" son contingent d'édiles et s'apprête à envoyer "des milliers de conseillers municipaux" dans les mairies du pays, s'est réjouie Marine Le Pen.

Municipales 2026 : listes gagnantes dans les villes d'au moins 100 000 habitants

Municipales 2026 : listes gagnantes dans les villes d'au moins 100 000 habitants

Nalini LEPETIT-CHELLA, Paz PIZARRO, Julie PEREIRA - AFP

Parmi les principales prises de la soirée, ses candidats l'emportent notamment à Carcassonne (préfecture de l'Aude) et Castres (sous-préfecture du Tarn). Les conquêtes sont nombreuses dans sa zone de force de l'arc méditerranéen, d'Agde (Hérault) à Menton (Alpes-Maritimes) en passant par La-Seyne-sur-Mer (Var).

Idem en remontant le Rhône, de Tarascon (Bouches-du-Rhône) à Bagnols-sur-Cèze (Gard), jusqu'à Orange (Vaucluse) où le RN renverse son ex-allié Jacques Bompard - cofondateur du Front national, exclu il y a vingt ans.

Forte charge symbolique aussi à Carpentras, où le parti a longtemps été associé, à tort, à la profanation du cimetière juif en 1990.

- "Percée" et "déceptions" -

A l'autre bout de l'Hexagone, le mouvement enregistre aussi une série de succès dans le bassin minier du Pas-de-Calais, en particulier dans le bastion socialiste de Liévin.

D'autres villes sont gagnées en Lorraine (Amnéville et Saint-Avold en Moselle, Val-de-Briey en Meurthe-et-Moselle), mais aussi dans le Loiret (Montargis, Amilly) et dans la Sarthe (La Flèche).

Au bout du compte, "le Rassemblement national et ses candidats réalisent la plus grande percée de toute son histoire", a résumé Jordan Bardella dans une courte allocution depuis le siège parisien du parti.

Éric Ciotti, président du groupe parlementaire UDR et candidat à la mairie de Nice pour l'Union de la droite et le Rassemblement national (RN), salue des partisans à son arrivée au QG de campagne à l'issue du 2e tour des municipales à Nice, le 22 mars 2026 dans les Alpes-Maritimes

Éric Ciotti, président du groupe parlementaire UDR et candidat à la mairie de Nice pour l'Union de la droite et le Rassemblement national (RN), salue des partisans à son arrivée au QG de campagne à l'issue du 2e tour des municipales à Nice, le 22 mars 2026 dans les Alpes-Maritimes

Valery HACHE - AFP

"Jamais le RN et ses alliés n'ont compté autant d'élus sur le territoire français", a insisté son jeune président, incluant les gains de l'UDR d'Eric Ciotti - lui-même victorieux à Nice.

Message martelé par ses porte-parole sur les plateaux télé et radio des soirées électorales: "On a une moisson incroyable", a commenté Sébastien Chenu sur TF1; "On n'a jamais vu ça, c'est vraiment une grande vague ce soir pour le RN", a jubilé Jean-Philippe Tanguy sur la même chaîne; "C'est une pluie de victoires", a lancé Andréa Kotarac sur RTL.

Une autocongratulation qui permet de minimiser les déconvenues dans les grandes villes. A Toulon notamment, qui semblait prenable vu l'avance de Laure Lavalette au premier tour, et dans une moindre mesure à Nîmes où Julien Sanchez était lui aussi arrivé premier d'une courte tête le 15 mars.

Echec aussi à Marseille, où Franck Allisio avait presque fait jeu égal avec le sortant Benoît Payan, finalement largement réélu.

Des "déceptions", a reconnu Laurent Jacobelli sur France 2, pour mieux en rejeter la faute sur "la droite la plus bête du monde", qui a préféré "faire gagner un communiste à Nîmes et une ancienne socialiste à Toulon" plutôt que de soutenir les prétendants RN.

Par Gabriel BOUROVITCH / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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