« J’en ai ras-le-bol de ces juges qui se croient au-dessus des lois. L'autorité judiciaire qu'ils représentent a pour mission la bonne application de la loi ; ils ne sauraient donc échapper eux-mêmes à ce principe. Pour autant, leur colère est légitime, car le manque de moyens matériels et humains dont souffre la justice française est une évidence accablante pour la République et pour l'État.
S'il est une institution qui se doit de fonctionner sans entrave ni contrainte, c'est bien celle-là. La situation dans nombre de tribunaux et de greffes est indigne d'un pays comme la France. La tragédie de la petite Liana a été le signal d'alarme ayant provoqué le tsunami politique que l'on sait. Si les magistrats ont le droit de protester contre les conséquences parfois terribles de ces carences, ils ne peuvent se défausser quand une procédure mal conduite aboutit à une injustice, surtout s'il s'agit de la mort d'un enfant.
"Les magistrats devraient eux-mêmes exiger d'être contrôlés"
L'autre institution chargée de l'application de la loi, la police, est soumise à une autorité administrative veillant au strict respect de la loi : l'Inspection Générale des Services (IGS). Ainsi, cette « police des polices », que les policiers redoutent particulièrement, est implacable,. Elle intervient systématiquement, y compris lorsqu'un policier doit faire usage de son arme en situation de légitime défense, laquelle doit être établie de façon formelle,. La procédure judiciaire à l'encontre du fonctionnaire ayant provoqué la mort de Naël à Nanterre témoigne de cette rigueur.
Si une erreur policière implique une enquête immédiate et des sanctions d'une sévérité avérée, il est légitime qu'une erreur judiciaire aux conséquences potentiellement tragiques fasse aussi l'objet d'une procédure,. Pour éloigner toute suspicion d'impunité, les magistrats devraient eux-mêmes exiger d'être contrôlés par d'autres magistrats en cas de défaillance d'une procédure.
"La Justice doit rendre des comptes en cas d’erreur"
Un État de droit digne de ce nom doit s'assurer de la bonne application du droit par ceux qui sont censés le faire respecter. C'est une valeur basique garantissant le bon fonctionnement de la justice. Les citoyens ne respecteront l'autorité judiciaire que s'ils savent que cette dernière est, elle aussi, justiciable et qu'elle doit rendre des comptes en cas d’erreur. »
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