Pain de mie, plats végans ou encore yaourts... Des associations de consommateur alertent cette semaine sur les dangers des produits ultra-transformés, majoritaires dans les rayons de supermarchés, et plaident pour les rendre davantage identifiables.
Parmi les possibilités pour que les consommateurs puissent repérer une denrée transformée, a été avancée l'idée d'un logo ou une bannière noire contenant la mention "ultra-transformé" et apposé autour de l'affichage du Nutri-Score, déjà présent sur certains produits industriels.
Car ce dernier, facultatif, "ne donne pas d'information sur l'ultra-transformation" mais seulement sur la valeur nutritionnelle d'un aliment, pointe auprès de l'AFP Sophie Coisne, rédactrice en cheffe adjointe des hors-série 60 Millions de consommateurs dont le prochain numéro est entièrement consacré aux aliments ultra-transformés.
C'est ainsi le cas des steaks végétaux qui, souvent riches en fibres et pauvres en sucres et sel, bénéficient d'un bon score mais demeurent ultra-transformés et peuvent contenir des additifs.
Cette nouvelle signalétique devrait ainsi "améliorer la compréhension des consommateurs et influencer positivement leurs achats vers les produits les plus sains", assure dans les colonnes de 60 Millions de consommateurs, Serge Hercberg, un des scientifiques à l'origine du Nutri-Score.
- 80 % des rayons de supermarchés -
Les produits ultra-transformés représentent de nombreux dangers pour la santé. Selon une étude de la revue scientifique The Lancet parue en novembre 2025, leur consommation en grande quantité augmente de 20 % le risque de surpoids et d'obésité, de 18 % le risque de maladies cardio-vasculaires et de 25 % celui de contracter un diabète de type 2.
Par ailleurs, une étude publiée en mai dernier par l'importante cohorte française NutriNet-Santé associe la consommation de colorants alimentaires et un risque accru de diabète de type 2 et de cancer, ainsi que la consommation de conservateurs et le risque d'hypertension et de maladies cardio-vasculaires.
Ces denrées industrielles représentent environ 80 % des rayons de supermarchés et 35 % de l'apport calorique des Français toujours selon NutriNet-Santé. 60 Millions de consommateurs révèle de son côté que sur 210 produits du quotidien étudiés, neuf sur dix sont ultra-transformés.
Ces derniers contiennent au moins un additif, chargé de changer la texture, le goût, la couleur des aliments ou d'améliorer leur conservation.
A cela s'ajoutent bien souvent des sucres industriels ou encore des fibres de légumes ou de céréales. Sans oublier les ingrédients obtenus par l'extraction d'une molécule d'un produit brut, tel que le lactose (sucre de lait) ou de la caséine (protéine de lait) ou encore par la modification chimique ou enzymatique d'un ingrédient initial.
Pour aider le consommateur à identifier ces denrées, un collège de vingt scientifiques a été chargé par l'OMS d'établir une liste officielle de ces marqueurs d'ultra-transformation. Un groupe de conseillers scientifiques mandaté par la Commission européenne doit également rendre en mars prochain une liste de critères pour définir et caractériser les aliments ultra-transformés.
- "Additive washing" -
Depuis 2009, la classification Nova permet déjà d'identifier les produits ultra-transformés. Inventée par l'épidémiologiste brésilien Carlos Monteiro, elle trie les aliments en fonction de leur degré et de la finalité de transformation, du niveau un à quatre.
Au-delà de la quantité des ingrédients à repérer, les industriels usent souvent d'un marketing agressif, jugé trompeur par plusieurs organisations.
L'application Yuka et l'association de consommateurs Que Choisir Ensemble dénoncent, dans une étude publiée lundi, l'"additive washing", soit le fait de "mettre en avant sur son emballage l'absence d'un additif ou d'une famille d'additif alors que le produit en contient d'autres".
Si cette pratique n'est pas illégale, les organisations y voient une volonté "d'induire le consommateur en erreur sur la composition réelle des produits".
Parmi les denrées industrielles qu'elles épinglent, le riz cantonais de la marque Ben's Original sur lequel figure la mention "sans colorant ni arôme artificiels" bien que le produit contienne cinq autres additifs. De son côté, la marque estime que cette mention informe les consommateurs "sans prétendre que le produit est totalement exempt d'additifs".
Par Ambre DEPRES / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP
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