singlesud.php

Alexander Zverev défend sa légitimité de numéro un mondial

Tout juste parvenu au sommet du tennis mondial et déjà en quête de légitimité sinon de reconnaissance, Alexander Zverev s'est agacé mercredi de devoir justifier qu'il n'est pas un numéro un mondial par défaut, après son élimination d'entrée au Masters 1000 de Paris.

Alexander Zverev sur le court lors du Masters 1000 de Paris.
Dimitar DILKOFF - AFP

Tout juste parvenu au sommet du tennis mondial et déjà en quête de légitimité sinon de reconnaissance, Alexander Zverev s'est agacé mercredi de devoir justifier qu'il n'est pas un numéro un mondial par défaut, après son élimination d'entrée au Masters 1000 de Paris.

L'accession au trône mondial de l'Allemand, grâce notamment à ses deux premiers sacres en Grand Chelem cette saison, a suscité des commentaires pas toujours élogieux dans la presse spécialisée, qualifiant parfois le 30e numéro un mondial depuis 1973 de "chanceux", "peu méritant", "par défaut" ou en "trompe-l'oeil".

Raison principale : pour s'imposer à Roland-Garros et à l'US Open, Zverev n'a pas eu à battre les deux ogres du circuit Jannik Sinner et Carlos Alcaraz. Et quand l'Italien et l'Espagnol n'étaient pas diminués ou blessés, ils lui ont respectivement barré la route en demi-finale à l'Open d'Australie et en finale à Wimbledon.

"J'ai l’impression d’être le seul numéro un mondial de l’histoire du tennis qui doit expliquer pourquoi c’est normal que je sois numéro un mondial. Je pense que je mérite d’être là où je suis, même si j’ai perdu aujourd’hui", a soufflé le colosse hambourgeois, après sa défaite contre Lorenzo Musetti.

"Je ne pense pas que quiconque ait jamais eu à se justifier autant", a-t-il insisté, passablement vexé.

Zverev a longtemps traîné la réputation de meilleur joueur de l'histoire à n'avoir jamais remporté un Majeur, après trois finales perdues (New York 2020, Paris 2024 et Melbourne 2025).

Mais même s'il a brisé le plafond de verre cette année, il n'a remporté jusqu'ici que trois victoires en douze matches contre des joueurs du top 10. Un ratio (25%) bien en dessous de ceux d'Alcaraz (17-4) et Sinner (19-4) en 2025.

Pour Musetti, l'Allemand a été "le joueur le plus constant de tous" cette saison et mérite donc d'être au sommet du classement ATP.

- "Nouvelle dimension" -

Même son de cloche de la part de Boris Becker, dernier Allemand avant "Sascha" sacré en Grand Chelem -- en 1996 à l'Open d'Australie -- qui trouve injuste de minimiser les performances de son compatriote.

"Pour remporter un tournoi du Grand Chelem, on doit gagner sept matches au meilleur des cinq manches en 14 jours. C'est extrêmement difficile, peu importe presque contre qui on joue", a-t-il argué dans l'hebdomadaire Der Spiegel.

Zverev, qui a entrepris un gros travail sur lui-même pour éviter de reproduire des coups de sang, comme à Acapulco en 2022 lorsqu'il avait frappé la chaise de l'arbitre avec sa raquette, souffre à l'inverse d'une attitude parfois nonchalante en apparence, qui trahirait une fébrilité mentale persistante.

"Quand je le vois jouer, je vois quelqu'un qui joue beaucoup trop passivement, beaucoup trop défensivement dans les moments décisifs", analysait en 2024 le Suisse Roger Federer, lauréat de 20 titres en Grand Chelem.

Mais cette "petite fenêtre" d'opportunité, sans Alcaraz et Sinner, lui a permis de prendre une "nouvelle dimension" avec deux titres susceptible de définitivement le "libérer", anticipe Guy Forget, ancien N.4 mondial.

"A Roland-Garros et à l'US Open notamment, on a vu un joueur plus sûr de lui, plus offensif, dirigeant plus les échanges", souligne le capitaine des Bleus de 1999 à 2012.

- "Abnégation" -

Moins populaire sur et en dehors des courts, jusqu'en Allemagne, que ses deux plus jeunes rivaux, Zverev devrait "s'ouvrir un peu plus" estime Becker. "Je l'ai côtoyé en privé, il a du charme, il est drôle, il est correct. Mais peut-être qu'il ne considère pas cela comme suffisamment important."

Pourtant, son palmarès en ferait rougir plus d'un: outre ses deux Majeurs, l'Allemand a tout gagné, ou presque, avec 26 titres dont l'or olympique à Tokyo et deux Masters de fin de saison.

Son parcours atypique, aussi, devrait susciter une certaine empathie, notamment le fait d'être un tel champion en étant diabétique, souligne auprès de l'AFP Cédric Pioline, directeur du Masters 1000 de Paris.

"A chaque fois, il a cette force pour se relever quand il prend un coup, se relever et encore continuer à aller travailler, c'est quand même remarquable cette abnégation qui l'habite", plaide l'ex-N.5 mondial (2000).

"Dans cinq ou dix ans, personne ne dira qu'il a gagné sans battre Alcaraz ou Sinner. L'opportunité s'est présentée, il l'a saisie", poursuit Pioline.

Le principal intéressé, lui, s'est dit "impatient" de se mesurer aux deux ex-N.1 mondiaux "en pleine santé", dès janvier 2027 à Melbourne.

Par Arthur CONNAN / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

#AlexanderZverev #Tennis #ATP #Sports #Paris

L'info en continu
21H
20H
19H
18H
17H
16H
Revenir
au direct

À Suivre
/