Les fêtes de Bayonne payantes, un concept nouveau qui fait beaucoup parler

Les fêtes de Bayonne attirent chaque été près d'un million de personnes (©DANIEL VELEZ - AFP)

Reportage Sud Radio. Grand moment de l’été au pays basque, les fêtes de Bayonne seront en partie payantes cette année, a annoncé la mairie. Entre soutien, opposition et étonnement, cette décision fait beaucoup parler aujourd’hui.

Payer huit euros pour assister aux fêtes de Bayonne, l’un des rendez-vous incontournables de l’été et des férias du Sud-Ouest ? Ce sera désormais obligatoire, suite à une décision de la mairie pour combler le coût des festivités et limiter le flux des visiteurs afin d’assurer leur sécurité. Pour Christian Millet-Barbé, adjoint au maire de Bayonne chargé de la sécurité publique, ce choix s’imposait. "Nous sommes dans un contexte sécuritaire extrêmement compliqué avec les attentats que nous avons vécus. Nous avons donc décidé d’organiser un système de contrôle sur une dizaine d’entrées de la ville. Le prix pourrait être de 7 ou 8 euros, un prix unique qui n’interviendra que du vendredi à 10h au lundi à 3H du matin. Le mercredi et le jeudi seront gratuits, les habitants de Bayonne ne paieront pas évidemment, dès lors qu’ils fourniront une attestation prouvant qu’ils habitent bien à Bayonne", annonce-t-il au micro de Sud Radio.

"On paye déjà les consommations, la nourriture, les petits plus à côté..."

Vendeuse dans une pâtisserie basque du 6ème arrondissement de Paris, Noémie regrette le surcoût financier généré par cette décision. "On paye déjà les consommations, la nourriture, les petits plus à côté… Ça peut déranger certaines personnes et limiter l’affluence", prédit-elle. Parisien de naissance mais habitué de Bayonne, François-Xavier n’est, lui, pas contre le principe. "Ça peut aussi être bien pour les Basques eux-mêmes. Les connaissant pas mal, je sais que ça leur causait parfois des soucis. (…) Ça ne me pose pas trop de soucis que ce soit payant dans le sens où ça va réduire le nombre de personnes qui viennent simplement pour boire et faire n’importe quoi dans les villes. Moi j’y vais vraiment pour me reposer avec ma famille, donc ça peut être un peu gênant quand il y a trop de monde", explique-t-il.

Alors qu’un million de personnes sont présents dans les rues de Bayonne chaque été, ce succès populaire a sans surprise engendré des débordements, admet Antoine Etcheto, un Basque vivant désormais à Paris. "Même si de gros efforts ont été faits, il y avait quand même des problèmes de sécurité : des blessés, des gens ivres qui tombaient dans la rivière… C’est assez inimaginable comme truc. Il y a plein de stratégies pour ne pas perdre ses copains. On a des ceintures avec lesquelles on s’attache les uns aux autres, et on forme une cordée pour ne pas se perdre dans la foule. Il y a eu une année où il y a eu beaucoup moins de monde et tout le monde a trouvé ça vachement mieux car c’était respirable, c’était l’année des attentats, juste après Nice. On pouvait circuler, on n’était pas oppressé par la foule. C’était beaucoup moins lourd comme ambiance", reconnaît-il.

"Les habitués vont refuser de payer par principe, ça va forcément arriver !"

Ce dernier est tout de même quelque peu sceptique sur la mise en œuvre de cette taxe à l’entrée. "C’est très étrange d’entendre parler de fêtes de Bayonne payantes, ça va aller un peu à l’encontre de cette tradition. Les fêtes de Bayonne, ce n’est pas un festival de musique… Quand ça a été annoncé, ça a été la grande levée de boucliers ! Je demande à voir comment ça va se mettre en place. J’imagine qu’il va y avoir des checkpoints, des entrées, des gens qui vont contrôler qu’on a bien payé nos places… Quand on connaît un peu la configuration de Bayonne, un petit centre-ville avec énormément de petites rues, je demande à voir comment ils comptent contrôler qui a payé ou non. Les habitués vont estimer qu’il n’est pas normal qu’on les fasse payer et qui vont refuser par principe. Ça va forcément arriver !", prévient-il.

Propos recueillis par Margaux Malinge

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