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Incendies d'entreprises de proches de Gilles Simeoni en Corse: jusqu'à 12 ans de prison requis

Sept ans et demi et 12 ans de prison ont été requis mercredi à Ajaccio contre les deux incendiaires présumés d'entreprises de proches de Gilles Simeoni, l'homme fort de Corse, qui ont nié toute implication et dénoncé l'absence de preuves.

Pascal POCHARD-CASABIANCA - AFP/Archives

Sept ans et demi et 12 ans de prison ont été requis mercredi à Ajaccio contre les deux incendiaires présumés d'entreprises de proches de Gilles Simeoni, l'homme fort de Corse, qui ont nié toute implication et dénoncé l'absence de preuves.

Dans la nuit du 4 au 5 décembre 2022, deux bars-restaurants à Corte (Haute-Corse), le Bama et le 24, avaient été incendiés. Le premier était cogéré par le fils du président du conseil exécutif de l'île, Gilles Simeoni, élu en mars maire de Bastia.

Peu après, un véhicule blanc volé, avec deux hommes à bord, quittait les lieux et était vu sur des images de vidéosurveillance, vers 04H20, à la concession Mercedes d'Ajaccio, où huit véhicules étaient détruits dans un incendie criminel.

Kevin Ornec, 39 ans, et Mourad Amar, 30 ans, sont accusés de "destructions en bande organisée", "transport de produits incendiaires", "recel de bien provenant d'un vol" et "dégradation du bien d'autrui". Ils nient les accusations.

"Le président du conseil exécutif (Gilles Simeoni) est le point commun de ces incendies", a déclaré au tribunal le procureur Nicolas Mingant, estimant qu'il s'agissait d'"une pression sur les élus et donc sur la démocratie".

Contre Mourad Amar, dont le casier judiciaire est vierge, le procureur a requis "sept ans d'emprisonnement assorti d'un mandat de dépôt" et "six mois d'emprisonnement pour le refus de se soumettre aux prélèvements biologiques" pour collecter l'ADN.

Contre Kevin Ornec, qui est jugé en récidive pour destruction par moyen dangereux et "ancré dans une délinquance de manière ancienne et constante" avec "dix condamnations" à son casier judiciaire, "une peine de 12 ans de prison avec maintien en détention" a été requise.

"Je ne comprends pas pourquoi depuis trois ans, je suis en prison et là on demande 12 ans, ça fait peur", a réagi M. Ornec en répétant son innocence.

- "Préjugés" -

Une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans et une privation des droits civiques pendant cinq ans ont été également requises contre les deux prévenus.

Pour justifier ces réquisitions, le magistrat a pointé "deux grains de sable" qui ont permis aux enquêteurs de remonter cette piste.

En premier "le retour de flammes" qui a blessé l'un des deux auteurs des incendies de véhicules et peut correspondre à une brûlure au front constatée sur M. Ornec.

Le second est la présence du véhicule de la compagne de M. Ornec à proximité de l'incendie d'un des deux véhicules relais utilisés pour commettre ces incendies.

Les avocats des prévenus ont plaidé la relaxe, regrettant "l'absence de preuves" et une accusation fondée sur "des préjugés" plutôt que "sur des éléments matériels".

"Vous devez avoir des preuves" qui font naître "une certitude" et "ce n'est pas le cas", vous avez "un soupçon corroboré par rien", a plaidé Me Jérôme Susini, avocat de Mourad Amar.

Pour sa consoeur Me Charlotte Cesari, "l'élément à charge principal" est la proximité des prévenus avec Yassine Akhazzane, beau-frère de Kevin Ornec et multicondamné, considéré par la police comme le chef de l'une des 20 bandes criminelles actives en Corse.

"On a fait de Kevin Ornec l'incarnation du mal absolu en raison de son lien familial" avec Yassine Akhazzane mais sans éléments probants, a renchéri Me Carine Dip, avocate de Kevin Ornec.

"On a enquêté avec des oeillères", a également dénoncé Me Jean-François Vesperini, autre avocat de Kevin Ornec, regrettant notamment qu'on n'ait pas tenu compte de "l'absence de brûlures sur la main ou le bras" de M. Ornec alors que le "retour de flamme" sur l'auteur des incendies criminels lui avait enflammé le visage et le bras.

Le tribunal rendra son jugement mercredi, a indiqué la présidente avant de se retirer avec ses assesseurs pour délibérer.

Par Maureen COFFLARD / Ajaccio (AFP) / © 2026 AFP

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