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Coût du travail : le gel des charges relance la bataille entre État et entreprises

DÉCRYPTAGE SUD RADIO - Le gouvernement a décidé de geler en 2026 le barème des exonérations de cotisations patronales, une mesure budgétaire destinée à dégager 2,2 milliards d’euros dans un contexte de dépenses publiques sous tension.

Coût du travail : le gel des charges relance la bataille entre État et entreprises

Très critiquée par les organisations patronales, cette décision ravive le débat sur le coût du travail en France, déjà jugé trop élevé et en hausse plus rapide que les salaires.

"C'est des mesurettes, ça ne va pas changer grand-chose"

La décision est désormais actée : l’exécutif va geler pour toute l’année 2026 le barème des allégements de charges sur les salaires. Officiellement, il s’agit de contenir la dépense publique, alors que le coût de la guerre en Iran pourrait dépasser 6 milliards d’euros. Mais pour les entreprises, la pilule passe mal. Ce gel empêche toute revalorisation automatique des exonérations, pourtant attendue avec la hausse de 2,4% du SMIC au 1er juin. Concrètement, les employeurs devront absorber une augmentation du coût du travail sans compensation, alimentant le sentiment d’une "double peine".

Le patronat dénonce une mesure contre-productive. Selon ses représentants, les 2 milliards d’euros ainsi économisés pourraient se traduire par l’équivalent de 30.000 à 35.000 emplois menacés. Dans un contexte de ralentissement économique et de montée du chômage, la crainte est celle d’un coup d’arrêt supplémentaire à l’embauche et à l’investissement.

"Là, c'est un peu des mesurettes, ça ne va pas changer grand-chose. Alors qu'il faudrait remettre un petit peu les choses à l'endroit. À savoir, moins prélever sur les salaires pour arriver à davantage rémunérer le travail", déplore au micro de Sud Radio Jean-Claude Bourrelier, ancien patron de Bricorama et aujourd'hui président de Bourrelier Group.

"Quand j'ai commencé à travailler, on me prélevait à peu près 20% : 5% de part salariale et 15% de part patronale. Mais pour moi, il n'y a pas de part patronale, c'est que des charges qui pèsent sur les salaires. Donc, c'était 20%. Et maintenant je prélève plus de 50% sur le produit de mes collaborateurs. C'est-à-dire que quelqu'un qui est payé 100, il vous coûte plus de 200. Je pense qu'actuellement, pour un salarié avec un revenu brut, toutes charges comprises, de 4.000 euros, je devrais lui donner 3.200 euros, alors que je lui donne à peine 2.000 euros", poursuit Jean-Claude Bourrelier à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

Le coût du travail augmente plus vite que la rémunération réelle des salariés

En effet, en France, le coût horaire du travail atteint 43,7 euros, contre 33,5 euros en moyenne dans l’Union européenne. Surtout, il progresse plus vite que les salaires : entre fin 2023 et fin 2025, il a augmenté environ 19% plus rapidement que le salaire horaire. Ce décalage s’explique principalement par la hausse des charges, qui pèsent de plus en plus lourd dans le coût total pour les employeurs. Dans tous les secteurs — industrie, construction ou services — le constat est similaire : le coût du travail augmente plus vite que la rémunération réelle des salariés. Une dynamique qui fragilise les marges des entreprises et limite leur capacité à revaloriser les salaires.

"Il y a beaucoup de mesures qui pèsent sur le travail qui ne devraient pas peser sur le travail. Le chômage… tout le monde trouve normal que les salariés cotisent 4,25% sur le chômage. Pourtant, ce ne sont pas eux, les responsables, ils sont plutôt les victimes. Peut-être qu'on est arrivés dans une société où la solidarité recouvre beaucoup d'autres autres choses et qu'il y a plus de responsabilité individuelle. Il y a un choix de société qui a été fait", estime Jean-Claude Bourrelier au micro de Sud Radio. "Par ailleurs, je suis partisan aussi que la CSG et la CRDS ne pèsent plus sur les salaires", rajoute-t-il.

Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

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