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Pénurie de maîtres-nageurs : « on aura de plus en plus de noyades »

Par Elliott Léonard

GROS PLAN SUD RADIO - Avec des chaleurs records en ce lundi de Pentecôte, les plages françaises s'annoncent bondées. Mais la question de la sécurité commence à se poser : il manque un tiers de maîtres-nageurs-sauveteurs sur le total à pourvoir. Une pénurie alarmante, alors que la fréquentation bat son plein. Axel Lamotte, maître-nageur formateur, alerte au micro de Sud Radio quant à la situation.

L’été approche. Alors que le mythe des maîtres-nageurs d’Alerte à Malibu reste dans les esprits, de moins en moins de personnes se dévouent pour garder les baigneurs en sécurité. Alors, comment faire face à cette pénurie ? De quelle ampleur est-elle ?

Une baisse de 5 000 maîtres-nageurs sur 15 000 au total

« La pénurie est absolument énorme, il manque un tiers des maîtres-nageurs. Sur 15 000, il en manque 5 000 », déplore le maître-nageur. Et cela signifie, dans un premier temps, que de moins en moins de jeunes peuvent accéder à des cours de natation : « Le niveau de natation baisse considérablement tous les ans. Les gens vont se baigner de plus en plus souvent et on aura de plus en plus de noyades », explique-t-il.

« 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende en cas de défaillance »

Alors, comment expliquer ce manque d’effectifs ? « Le Code pénal nous dit qu'on peut risquer jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende en cas de défaillance. Quelqu'un qui utilise son portable pendant la surveillance, par exemple. Les salaires ne sont pas du tout à la hauteur des responsabilités que je viens d'évoquer. Et puis la formation est aussi très compliquée », dévoile Axel Lamotte. Mais la liste n’est pas terminée.

Il poursuit : « Il y a des gens qui quittent le métier parce que, tous les cinq mois, on repasse un examen de trois jours pour voir si nos capacités physiques, mentales, etc., sont au niveau. Il y a aussi des gens qui abandonnent parce qu'il y a trop de stress. »

Les maîtres-nageurs confrontés à des violences

Alors qu'ils n'ont pas de formation hors de l'eau, et qu'ils ne évidemment pas des gardiens de la paix, les sauveteurs doivent parfois faire face à des violences. « Ça arrive parfois, hélas un peu trop souvent. Il y a parfois des rixes dans les piscines et les maîtres nageurs sont dans un lieu où tout le monde est anonyme donc il n'y a pas de poursuites. Donc les jeunes peuvent se laisser aller. Et même les femmes parfois se laissent aller à des insultes. »

Comment relancer le métier ?

Au vu de toutes ces problématiques, difficile de trouver le métier attractif. Mais certaines mesures pourraient permettre d’y remédier, selon Axel Lamotte. Il évoque le fait d’« aider au financement et mettre le métier de maître-nageur sur la liste des métiers en tension, parce qu'il y a effectivement un métier en tension ».

Sur les formations, il voit aussi un besoin de « stabiliser la formation à travers un diplôme reconnu pour plusieurs années ».

Les conseils à absolument appliquer

Si les sauveteurs sont de moins en moins nombreux, la mer, elle, ne cesse de faire des ravages. Alors, quelle attitude adopter face aux courants et aux baïnes ? « Il faut toujours se baigner à deux, aux horaires de surveillance, entre les drapeaux jaunes et rouges, surtout dans les milieux naturels », juge Axel Lamotte.

L’été dernier, 1 400 noyades ont été recensées, soit une augmentation de 14 % par rapport à 2024.

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