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Incendie mortel près de Perpignan : témoignages accablants au procès

L'un des trois accusés jugés pour l'incendie ayant fait huit morts en 2022 près de Perpignan a assuré vendredi devant la cour d'assises avoir mis le feu sous "la pression" des deux autres accusés qui, eux, nient leur implication.

Scène de l'incendie à Saint-Laurent-de-la-Salanque après l'accident meurtrier.
RAYMOND ROIG - AFP/Archives

L'un des trois accusés jugés pour l'incendie ayant fait huit morts en 2022 près de Perpignan a assuré vendredi devant la cour d'assises avoir mis le feu sous "la pression" des deux autres accusés qui, eux, nient leur implication.

Alors que les enquêteurs soupçonnent le gérant de l'épicerie où l'incendie s'est déclaré et son frère de l'avoir commandité pour obtenir l'argent d'une assurance, le troisième accusé, Madjid Mekhelfi, un sans-papiers de 32 ans, a encore chargé vendredi les deux hommes.

Retrouvé grièvement brûlé à proximité de l'épicerie après l'incendie, avec des vêtements contenant des traces d'essence, il avait déjà affirmé aux enquêteurs que Khaled Ben Abdeljelil, 46 ans, et son frère Raouf, 44 ans, lui avaient promis un travail en échange du déclenchement de l'incendie.

Selon son témoignage devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales, les deux frères lui ont fourni six bouteilles d'essence, avec lesquelles il a aspergé "partout, comme ils (lui) avaient dit".

L'incendie s'est déclaré dans la nuit du 13 au 14 février 2022, dans cette épicerie de Saint-Laurent-de-la-Salanque (Pyrénées-Orientales), un bourg de 10.000 habitants, avant de se propager rapidement à des habitations voisines.

La famille résidant au-dessus du commerce a survécu, mais dans le bâtiment voisin, de jeunes parents de 20 ans ont péri avec leurs deux enfants de quatre et 18 mois, ainsi que le père de la jeune femme, tout comme trois personnes résidant dans d'autres appartements du petit immeuble.

Les enquêteurs avaient écarté l'hypothèse d'un incendie accidentel, des expertises ayant permis d'établir la présence d'essence dans l'épicerie.

Pour la juge d'instruction, les deux frères, très endettés, comptaient acheter ensemble un bar, ce qui les aurait poussés à envoyer Madjid Mekhelfi incendier la supérette pour empocher l'argent de l'assurance et financer ce projet.

Cette première semaine d'audiences a notamment permis d'entendre parties civiles, experts, enquêteurs et témoins.

Jeudi, un témoin très attendu, à savoir l'agent d'assurance, a été entendu sur les modifications des garanties du contrat de l'épicerie de Saint-Laurent-de-la-Salanque intervenues trois jours avant l'incendie.

Il a notamment déclaré avoir été "naïf, et peut-être manipulé" par le commerçant et qu'il n'avait pas imaginé une possible fraude.

La cour a aussi entendu au cours de cette première semaine du procès des proches des personnes décédées dire leur douleur, dont ceux de Khiara Benmostefa, décédée avec son père Rachid, son compagnon Kevin et leurs deux enfants Hassan et Ynaia.

De son côté, le directeur d'enquête de la gendarmerie avait affirmé vendredi 2 octobre que la scène qu'il avait vue après l'incendie était "la pire" de sa carrière, après la collision en 2017 d'un car scolaire avec un train qui a coûté la vie à six collégiens à Millas, également dans les Pyrénées-Orientales.

La décision est attendue le le 16 octobre.

AFP / Perpignan (AFP) / © 2026 AFP

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