En manque de main d'œuvre, des agriculteurs font appel à des travailleurs étrangers

L’agriculture en manque de bras. Pas assez de main d’œuvre pour tous les travaux d’hiver. Dans les Bouches-du-Rhône, le secteur s'organise pour rapatrier des travailleurs étrangers, notamment du Maghreb, en mettant en place tout un protocole sanitaire et un pont aérien, comme ça se fait en Corse. Si, pendant le confinement, de nombreux Français avaient proposé leur aide, recruter localement s'avère quasiment impossible en ce moment selon eux.

(Damien MEYER / AFP)
Reportage Sud Radio de Lionel Maillet

 

Le froid qui arrive, la difficulté du métier et surtout la faible rémunération: les français ne se bousculent pas pour aller travailler dans les champs, déplore Thomas Chaullier le président des jeunes agriculteurs des Bouches du Rhône:

"Il y a des Français, mais au bout d'un moment ils n'ont plus envie car ils considèrent que c'est trop dur et pas assez rémunéré. Le salaire oscille autour du SMIC, mais on va dire que ce ne sont pas des métiers qui sont payés 2000 euros par mois ! Et c'est pour ça qu'on est obligés de faire appel à la main d'œuvre étrangère !"

 

Affréter des avions

Principalement des Marocains, mais avec l’épidémie, impossible de les faire venir travailler en France. A moins de mettre en place tout un protocole sanitaire, et c’est justement ce qu’essaie d’organiser en ce moment Romain Blanchard, le président la FDSEA dans le département:

"Affréter des avions dédiés avec un protocole sanitaire très strict d'isolement, de tests répétés qui permettraient de les protéger eux, et de protéger la population locale d'une éventuelle infection et d'un éventuel cluster."

 

En Corse, c'est cette solution qui a été retenue. Elle coûte 560.000 euros rien qu’en billets d’avion aux producteurs de clémentines:

"Si, à Noël, vous voulez manger des salades françaises, il faut quelqu'un pour les planter maintenant. Pour les pêches, poires, pommes de l'année prochaine, les arbres doivent être taillés cet hiver. Donc faut qu'ils arrivent d'ici un ou deux mois grand maximum !"

 

Les agriculteurs des Bouches-du-Rhône qui doivent rencontrer le préfet en début de semaine prochaine pour tenter d’agir au plus vite.

 

 

"On a essayé de travailler avec Pôle emploi, beaucoup d'organismes pour recruter de la main d'œuvre française, mais c'est pas si simple que ça. On cherche des gens compétents, des compétences bien particulières, on peut pas du jour au lendemain former des gens comme ça. Et la deuxième grosse problématique: les Français souhaitent être mieux rémunérés. Aujourd'hui, nous sommes dans un marché commun en Europe, et en France pour réussir à avoir des prix à peu près similaires, on est obligés d'avoir des prix relativement similaires, autour du SMIC" - Thomas Chaullier, président des jeunes agriculteurs des Bouches du Rhône