Élisabeth Lévy : Un congé menstruel ? Être une femme n'est pas une maladie"

Le gouvernement espagnol veut instaurer un « congé menstruel » pour les femmes souffrant de règles douloureuses. Élisabeth Lévy réagit.

Le gouvernement espagnol veut instaurer un « congé menstruel » pour les femmes souffrant de règles douloureuses. Élisabeth Lévy réagit.

L'événement a été évidemment salué comme une grande avancée par des féministes qui réclament la même chose en France. Et d'ailleurs, c'est déjà fait par une start-up toulousaine. 

Rappel: être une femme ce n’est pas une maladie, les règles non plus. Cependant chez certaines, les règles sont très douloureuses au point qu’elles ne peuvent pas travailler. Elles peuvent donc engendrer des symptômes de maladie. Eh bien, prenez un congé maladie ! Il n'y a aucune obligation de donner des détails, c'est le secret médical ! Alors oui, des femmes n’osaient pas. Mais c’est aussi vrai pour une gastro.Soit votre employeur vous fait confiance, soit un médecin  constate que vous n’êtes pas en état de bosser. Que ce soit à cause d’une gueule de bois, d’un chagrin d’amour ou de vos règles, ça ne regarde ni le patron, ni les collègues. Vos problèmes de prostate non plus. Ce n'est pas honteux mais ça vous appartient. 

Pourquoi le cacher, alors ? 

La vraie question est pourquoi le montrer ? Que gagne la cause des femmes quand toute boite sait pourquoi la DRH était absente lundi ? Le seul objectif est de rajouter une couche au récit victimaire où certains veulent engluer les femmes.

Il y a eu un argument passablement stupide du gouvernement espagnol : "le tabou qu’il faut lever !" On dirait que les choses humaines sont soit taboues soit exposées, tout ce qui est tabou ayant vocation à être exposé, c'est la définition du progrès. Et bien non ! D’abord, heureusement qu’il y a des tabous. Si nous répugnons plus à parler de règles ou de prostate que de migraine, c’est que ça touche au sexuel qui est le domaine matriciel du tabou. Surtout, entre le tabou et l’exhibition, il y a l’intimité, le quant-à-soi.

La définition du totalitarisme: l’entièreté de l’existence humaine, corps et âme, doit être partagé, connu de tous, validé par tous. Voulez-vous vraiment tout savoir des autres en général et des femmes en particulier ?

La vie en société n’est supportable que si chacun garde un peu de ses secrets par devers lui. Epargner ses petits bobos et maladies à ses contemporains est une civilité. Ignorer les leurs un droit de l’homme.