Élisabeth Lévy - "Stade de France : les images de vidéosurveillance détruites, une volonté ?"

Les images de vidéosurveillance du Stade de France ont été détruites.

THOMAS COEX - AFP/Archives

Les images de vidéosurveillance du Stade de France ont été détruites.

C’est Erwan le Prévost, de la FFF, qui l’a expliqué aux sénateurs qui auditionnent les protagonistes. C'est incompréhensible, pour ces sénateurs, le maire de Liverpool et pour nous. Ces vidéos sont détruites automatiquement au bout de 7 Jours sauf si la Justice les réclame. Mais selon Le Tort, qui les a visionnées en direct, au PC sécurité, elles étaient très violentes. 

On devait voir combien de personnes étaient sur le parvis. Le Préfet a reconnu que le chiffre de 40.000 donné par Darmanin était fantaisiste. C’était peut-être 20.000 mais quelle importance ? 

On devait surtout voir les agressions, les agressions sexuelles, les détroussages etc...Ces violences, qui ont transformé une pagaille en cauchemar ont été occultées plusieurs jours par le ministre de l’Intérieur. Didier Lallement a finalement reconnu que des gens avaient été bousculés ou agressés par quelques centaines d’indésirables. 

Bref, la disparition de ces images fort opportune pour les voyous qui auraient pu être identifiés. Et pour tous ceux qui préfèrent qu’on n’en fasse pas trop. 

Vous ne seriez pas un peu complotiste ? 

Pourquoi la Justice n’a-t-elle pas demandé ces images ? On en est réduit aux conjectures. La responsabilité directe est celle du Procureur qui dirige l’enquête. Cela aurait dû être un de ses premiers réflexes. Si vous enquêtez sur un braquage, vous demandez les vidéos non ? 

On nous explique que les enquêtes se sont concentrées sur les faux billets et les supporters anglais. Mais même sur les faux billets, ces images auraient été utiles !

Après les nombreux témoignages de supporters, même France Inter a dû admettre que quelques centaines de racailles et de sans-papiers s’étaient déchaînés. Je veux bien croire que le procurer et les policiers étaient absorbés par leur travail, mais ils ne vivent pas sur la lune.

Il y a deux possibilités : l'incompétence, ils n’y ont pas pensé. Ou, une autre à laquelle  on n’ose pas croire mais qu’on ne peut pas complètement écarter : qu’il y ait eu une volonté délibérée de laisser disparaître ces images embarrassantes pour l’exécutif. 

Quoi qu’il en soit, des vidéos peuvent être effacées. Mais on n’effacera pas des mémoires les souvenirs de cette soirée humiliante pour la France.