single.php

Des vacances 3 fois moins chères grâce à un modèle de camping participatif

Par La rédaction

DECRYPTAGE SUD RADIO – Et si la solution venait du camping participatif ? Un système pour partir en vacances avec un budget divisé par trois séduit de plus en plus dans un contexte où le pouvoir d'achat des Français est sous pression. Explications.

À l'heure où les Français s'inquiètent de leur pouvoir d'achat, des solutions pour partir en vacances à moindre coût émergent. Créé en 1937, le GCU (Groupement des campeurs universitaires) propose 87 campings dans toute la France, fonctionnant sur un modèle participatif. Les adhérents assurent eux-mêmes les tâches d'accueil et d'entretien, ce qui permet de réduire le coût des vacances. Didier Bonnaire, l'ancien vice-président du groupement, détaille le concept pour Sud Radio.

Comment fonctionne le camping participatif ?

« Le mode participatif repose d'abord sur le plan financier. Nos séjours sont 2 à 3 fois moins chers. Ensuite, il faut accepter ce fonctionnement : sur un séjour de 3 semaines, chacun donne 2 à 3 heures de son temps. Tout le monde participe au fonctionnement du camping à travers différentes tâches, ou plutôt des missions, car ce ne sont pas des corvées !

Deuxième élément important, nous disposons actuellement de 87 campings. Nous ne sommes pas présents partout, mais cela permet à certains campeurs, notamment ceux des Hauts-de-France, pour des raisons économiques ou de transport (carburant…), d'aller sur la côte normande ou bretonne plutôt que de descendre dans le Var. »

Quelles tâches obligatoires pour les campeurs ?

« Le fonctionnement participatif repose sur ce que nous appelons un « service de jour », obligatoire : une personne par emplacement doit y participer, et à 2 ou 3, cela peut se faire ensemble. Il s'agit d'une période d'accueil — par exemple, quand vous arrivez dans un camping, vous n'êtes pas accueilli par un salarié ou le directeur, mais par un campeur. Cette personne assure, selon la période, environ 2 à 3 heures d'accueil en pleine saison.

Toutes ces familles se retrouvent ensuite en général l'après-midi pour environ une heure de nettoyage des sanitaires. Ce n'est pas une société extérieure qui s'en occupe. De là découlent une communication très directe, car on échange facilement entre campeurs, une vraie convivialité, puisqu'après le ménage on se retrouve souvent pour boire un verre, et beaucoup plus de respect. Quand on a passé le balai, on fait attention : dans les douches, on passe la raclette en sortant, on ne laisse pas de mousse ou de saleté. »

Quelle sont l'organisation et le fonctionnement ?

« Chaque semaine, nous avons un « conseil des campeurs ». Les tâches sont distribuées le lundi, car elles changent chaque semaine. En haute saison, les campeurs se réunissent pendant environ une demi-heure, souvent suivie d'un pot convivial.

Un groupe de volontaires fait le point sur la semaine écoulée et organise le planning des jours suivants. À la fin, on désigne les personnes qui prennent la suite : au minimum 2 à 4 rôles (délégué de semaine, adjoint, trésorier, trésorier adjoint, représentant des jeunes, etc.). »

Que se passe-t-il si un campeur refuse de participer aux tâches ?

« Dans ce cas, le problème est généralement réglé sur place par les membres du conseil des campeurs. Si cela prend de plus grandes proportions, un règlement permet d'indiquer à la personne ou à la famille qu'elle doit quitter le camping sous 48 heures.

En règle générale, les membres du conseil des campeurs vont d'abord voir les personnes concernées, échangent et écoutent. S'il n'y a pas de volonté de respecter le fonctionnement participatif, la personne est exclue, car cela fait partie de l'identité du GCU. »

Quels est le profil de ces campeurs ?

« Nous n'utilisons jamais le mot « client », mais celui d'« adhérent ». Il n'y a pas de client chez nous, un campeur ne peut pas exiger des choses, car il n'y a pas de logique commerciale classique avec un directeur qui répond à une demande individuelle. Tout le monde est concerné et doit respecter le fonctionnement.

Il y a beaucoup d'adhérents fidèles, certains depuis 30 ou 40 ans, qui prennent souvent des responsabilités. Avant l'ouverture, des délégués de terrain préparent le camping avec les artisans (sans faire les travaux). À l'ouverture, tout doit être prêt. En cas de problème, les équipes d'accueil disposent des contacts et d'un cahier de liaison pour gérer les interventions (plombier, par exemple). »

L'info en continu
13H
12H
11H
10H
09H
08H
07H
06H
05H
Revenir
au direct

À Suivre
/