Daniel Duigou : être journaliste "c’est de l’ordre du sacerdoce"

Daniel Duigou, journaliste et prêtre, auteur de "Sept jours au désert" aux éditions Salvator était l’invité d’André Bercoff le 10 novembre 2021 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-14h, "Bercoff dans tous ses états".

Daniel Duigou
Daniel Duigou invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

"Je n’ai pas fait mon séminaire", déclare Daniel Duigou au micro de Sud Radio, "c’est rare". "Je crois être le seul aujourd’hui à ne pas avoir fait mon séminaire qui dure normalement 7 ans", explique le prêtre. "L’évêque a considéré que mon activité de journaliste m'amenait à regarder et à essayer de comprendre l’évolution de la société et que mon métier de psychanalyste m'amenait à mieux comprendre le fonctionnement d’un individu". Daniel Duigou explique que pour son évêque "cela valait le séminaire".

"Ce qui était le plus important, c’est que j’étais dans le réel, pas dans l’imaginaire ou dans un refuge que peut être certains prêtres ont ou ont pu vouloir trouver dans l’Église et le sacerdoce", juge le père Daniel Duigou. "Non seulement on ne m’a pas demandé de faire mon séminaire et on m’a demandé de rester journaliste. Et de rester psy à l'hôpital parce que le prêtre ce n’est pas un métier", explique-t-il. Pour Daniel Duigou, être journaliste "c’est de l’ordre du sacerdoce". Car être journaliste, "c’est regarder, et regarder ça suppose qu'on aime regarder, qu'on aime comprendre et transmettre", explique le journaliste et prêtre.

 

Pour Daniel Duigou, la violence vient de "cette impression qu’ont les gens de ne plus être entendus"

Pour Daniel Duigou, être prêtre "ce n’est pas un job, c’est un sacrement". "Certains disent que l’on devient fonctionnaires ou fonctionnaires du rites", juge l’auteur de Sept jours au désert. Mais pour lui, avoir fait de la prêtrise un métier, cela "annule la dimension spirituelle qu’à ouvert ce type, Jésus qui était en permanence contre le système de l’époque", explique Daniel Duigou au micro de Sud Radio.

Pour Daniel Duigou, il en est de même pour les hommes et femmes politiques. "C’est très généreux de vouloir être homme ou femme politique mais à partir du moment ou on est coupé de la base et bien il y a un raté", juge-t-il. "Et je pense que d’ailleurs", continue-t-il, "on parle de plus en plus de violence au sein de la société". Pour le prêtre la violence vient de "cette impression qu’ont les gens de ne plus être entendus". Daniel Duigou explique qu’il y a une rupture à partir du moment où l’on est pas entendus. "Entendu dans les deux sens", explique-t-il, "pas seulement parce qu’on écoute l’autre mais parce que l’on prend en compte ce que dit l’autre". "Rappelez-vous, au départ, les gilets jaunes, il y avait quelque chose d’essentiel. Cela a dérapé parce qu'il y a quelque chose qui était de l’ordre de la violence qui portait sur leur raisonnement", explique le père Daniel Duigou.

 

Être ermite, "c’est quelque chose qui traînait dans ma tête depuis l'âge de 14 ans"

Sept jours au désert, "c’est un roman très vécu qui parle de faits réels", explique Daniel Duigou. "Comme je le dis dans le livre", continue-t-il, "il n’y a jamais de hasard". "J’avais fait tout un travail, comme on le dit en psychanalyse, avec une patiente", raconte le prêtre. Cela s’était terminé et "la personne avait récupéré d’une certaine façon sa liberté d’agir par rapport aux problèmes qu’elle vivait", continue-t-il. "Je l'oublie et puis au bout d’un certain temps elle m’envoie un mail. Elle me dit, voilà, j’ai ouvert une maison d'hôte au Maroc, je serais heureuse de vous recevoir", explique Daniel Duigou.

"J’y vais, j’étais un peu fatigué, je cherchais déjà un lieu pour être ermite", raconte le père Daniel Duigou. "C’est quelque chose qui traînait dans ma tête depuis l'âge de 14 ans", explique-t-il. "Lorsque je vois cette beauté du Maroc, cette beauté de la palmeraie, je me dit pourquoi pas là". "Voilà comment tout à commencé", raconte Daniel Duigou. "Et à l’âge de 60 ans, un jour avant mon anniversaire je disais au revoir à France 5 parce que j’étais là à France 5 et le lendemain je prenais l’avion pour vivre cet ermitage", raconte l’auteur de Sept jours au désert.

 

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