Covid-19 : "On est comme avec la grippe, avec des vagues qui reviennent"

Alors que c’est le branle-bas de combat en Europe face à la cinquième vague, quelle est la situation en Israël ?

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Faut-il faire comme en Israël : imposer une 3e dose de vaccin ? (Jody amiet - AFP/Archives)

La cinquième vague va-t-elle nous gâcher les fêtes de fin d’année ? Il est toujours intéressant, vu depuis la France, de faire le parallèle avec la situation en Israël, car ce pays a toujours été à l’avant-garde du combat contre le Covid-19.

Cinquième vague : "En Israël, nous avons un décalage de quatre mois"

Alors que c’est le branle-bas de combat en Europe, avec des mesures fortes prises en Autriche ou en Allemagne, quelle est la situation en Israël ? "Je crois que nous avons un décalage de quatre mois, estime le Professeur Cyrille Cohen, directeur du laboratoire d’immunothérapie de l’université de Bar Ilan, en Israël. Courant juillet, nous avons commencé à avoir une montée assez importante des cas. Nous avons opté pour la troisième dose et non pour un confinement ou des mesures drastiques."

"Nous n’avons rien fermé, rappelle-t-il. Le dernier confinement en Israël était il y a un an. C’était en décembre 2020, et il a duré jusqu’en février. Nous avons commencé à proposer cette troisième dose aux plus de 60 ans à partir de fin juillet, puis nous avons graduellement ouvert cela à tout le monde à compter de septembre."

Vagues de Covid : "On ne croit plus trop à ce concept d’immunité collective"

"Je pense que c’est grâce à cette troisième dose que nous avons vu une chute des contaminations, juge le Professeur Cyrille Cohen, directeur du laboratoire d’immunothérapie de l’université de Bar Ilan, en Israël. Au mois de septembre, nous avions 12.000 cas quotidiens pour un pays de 9 millions d’habitants. Aujourd’hui, nous en avons quelques centaines." Il n’existe donc pas d’immunité collective ? "Il faut dire les choses de manière claire. On ne croit plus trop à ce concept d’immunité collective. On est comme avec la grippe, avec des vagues qui reviennent. La protection avec deux doses est de cinq à six mois. Pour la troisième dose, nous n’avons pas suffisamment de recul. On ne peut pas dire qu’il n’y aura plus de virus si on atteint un certain taux de vaccination. On ne vit plus dans ces illusions : il existe une nouvelle maladie."

"Comme nous avons été les premiers à vacciner, nous avons aussi été les premiers à voir cette baisse de l’immunité, des doubles vaccinés être hospitalisés, souligne par ailleurs le Professeur Cohen. On sait très bien que les vaccins ne sont pas 100% efficaces. De nouveaux médicaments empêchent le virus de se reproduire dans notre corps. Nous avons bon espoir que cela protège avec le vaccin. Ces médicaments doivent être pris assez rapidement après l’infection. Ce n’est pas encore fini, malheureusement. Mais cela nous a permis de passer cette vague avec moins de morts que ce à quoi on attendait." Cela signifie bien que le vaccin n’est efficace que quelques mois ? "Oui, c’est exact, et on ne comprend pas pourquoi les autres pays ne tirent pas des leçons de notre expérience. Nous avions déjà décelé cette baisse de l’immunité, et publié à ce sujet au mois de juillet."

Le Professeur Cyrille Cohen, directeur du laboratoire d’immunothérapie de l’université de Bar Ilan en Israël, était l’invité de Patrick Roger le 24 novembre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h10. 

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