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Comment mesurer l'exposition à la chaleur des travailleurs ?

Le mercure s'affole mais pour mesurer le danger que représentent les températures élevées pour la santé des travailleurs, d'autres facteurs doivent également être pris en compte, selon des experts.

Christophe ARCHAMBAULT - AFP

Le mercure s'affole mais pour mesurer le danger que représentent les températures élevées pour la santé des travailleurs, d'autres facteurs doivent également être pris en compte, selon des experts.

"On nous demande très souvent à partir de quelle température il est dangereux de travailler" mais "le critère température n'est pas suffisant", insiste Jennifer Shettle, responsable du pôle juridique de l'INRS, référence sur la santé et la sécurité au travail. "Parfois, à 26°C ce sera nécessaire d'arrêter le travail."

Équation complexe, l'évaluation des risques doit prendre en considération l'humidité, la circulation de l'air, le rayonnement solaire, la charge physique du travail, la tenue, l'état de santé de la personne, son niveau d'acclimatation à la chaleur, les médicaments qu'elle prend...

L'humidité constitue un facteur clé car un fort taux dans l'air réduit l'évaporation de la transpiration et donc le refroidissement du corps.

Si l'INRS juge que les valeurs de 30°C pour une activité sédentaire et 28°C pour un travail physique peuvent servir de repère pour lancer des actions de prévention, Mme Shettle souligne que les seuils d'alerte de Météo France - sur lesquels un décret de 2025 se fonde pour déclencher des obligations pour les employeurs - sont plus pertinents, car ils prennent aussi en compte, par exemple, la vulnérabilité des territoires.

Utilisé dans plusieurs pays, comme la Belgique, pour déclencher des mesures de protection des travailleurs, l'indicateur Wet Bulb Globe Temperature (WBGT, température au thermomètre-globe mouillé) associe aussi plusieurs facteurs: température, taux d'humidité, vitesse du vent, rayonnement du soleil.

Un récent rapport de l'Organisation internationale du travail (OIT) note qu'il s'agit de "l'indicateur de stress thermique le plus efficace pour évaluer le risque de maladies liées à la chaleur".

D'autres indicateurs existent, comme l'Humidex, combinant température et humidité pour calculer une température ressentie.

Pour l'OIT, l'important est de tenir compte de l'intensité de l'effort physique du travail et de la vulnérabilité des travailleurs (grossesse, handicap, maladies...), de différencier intérieur et extérieur.

Comme exemples de seuils fixés par certains pays, l'OIT cite entre autres 31,1°C à 32°C en température WBGT au Qatar pour un risque élevé et une température de l'air de 27°C pour des travaux pénibles en Hongrie.

Quel que soit le pays, "il ne s'agit pas de donner une température maximale à partir de laquelle toute la société arrêterait de travailler, parce que le stress thermique, c'est quelque chose de très compliqué à évaluer", résume Annarita Piazza, chargée d'études chez Eurogip, observatoire de la prévention des risques professionnels à l'étranger.

AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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