Bruno Retailleau : "Il faut généraliser la troisième dose"

Bruno Retailleau, sénateur de Vendée et président du groupe LR au Sénat, invité du “petit déjeuner politique” le 24 novembre sur Sud Radio.

Retailleau crise
Bruno Retailleau, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 24 novembre, dans "le petit déjeuner politique".

Situation dans les Antilles, Covid, vote du budget : Bruno Retailleau, sénateur de Vendée et président du groupe LR au Sénat, répond aux questions de Patrick Roger.

Crise aux Antilles : "Certains syndicats entretiennent un ressentiment anti-Français"

Face à la grosse secousse sociale aux Antilles, le gouvernement a envoyé des forces de l'ordre et privilégie les vaccins sans ARN pour les personnels soignants récalcitrants. Au pouvoir, "je rétablirai d'abord l'ordre", indique Bruno Retailleau qui rapporte des témoignages de médecins arrêtés, qui ne peuvent pas aller au bloc opératoire à cause de barrages routiers, des policiers sur lesquels des balles réelles ont été tirées, "c'est intolérable". "On peut débattre, mais la première réponse c'est 'non à la chianlie' et rétablir l'ordre", estime-t-il.

Après la Guadeloupe, le mouvement se propage en Martinique, avec "une situation pré-insurrectionnelle". "Il faut une réponse sécuritaire, elle est essentielle mais pas exclusive, il faut aussi pouvoir débattre", insiste le sénateur de Vendée qui propose "une sorte de plan Marshall pour le développement de ces îles, qui ne soient pas seulement de l'assistanat". Contrairement à ce que certains disent, "l'outre-mer n'est pas une charge mais une chance, c'est la France en grand !", affirme Bruno Retailleau.

"Certains syndicats entretiennent un ressentiment anti-Français, ils ont une responsabilité absolument majeure dans le blocage du développement de leurs îles, de leur territoire", déplore le sénateur LR. "Ils sont Français mais n'ont rien d'un comportement français et cultivent parfois une haine anti-France", accuse-t-il. Si le développement économique est "une affaire d'aides, de capitaux", au préalable ce sont "les esprits, pas une affaire matérielle". "Nos compatriotes d'outre-mer ont le même génie que partout ailleurs sur la planète, il faut débloquer ces verrous", affirme l'élu vendéen.

 

Pour Bruno Retailleau, "Il y a ce virus, et pour longtemps, il faut s'y habituer"

Alors que le gouvernement alerte sur l'arrivée de la cinquième vague épidémique du Covid-19, Bruno Retailleau appelle à ne pas employer "la stratégie de la peur". "Il y a ce virus, et pour longtemps, il faut s'y habituer comme l'on s'est habitué à la présence de la grippe", estime-t-il, précisant qu'il s'agit "d'une grippe en plus mauvais et plus dangereux". Dénonçant "le virus de la peur", à la fois "propagé par les complotistes" mais aussi par un certain nombre "d'enfermistes, de catastrophistes""On sait désormais qu'il n'y aura pas d'immunité collective", souligne le sénateur qui appelle à "faire avec, avec les gestes barrières et la généralisation de la troisième dose, pour toute la population adulte en France".

L'élu LR pointe du doigt un "problème fondamental", relatif aux hôpitaux. "On nous a confinés parce qu'il y avait un problème avec l'hôpital", rappelle-t-il. Malgré les promesses, les "7.000 lits de plus ne sont toujours pas là, pire encore, un lit sur cinq a été fermé", dénonce Bruno Retailleau qui y voit "un échec du gouvernement".

Avec le bouclier vaccinal, la gestion de la crise sanitaire n'est plus la même qu'au début. "Ne paniquons pas mais soyons sérieux, il faut généraliser la troisième dose, les capteurs de CO2 dans les classes", recommande-t-il. Dans les écoles, le sénateur est perplexe à l'idée de fermer une classe dès la détection d'un seul cas. Des capteurs ou des purificateurs d'air qui permettraient d'endiguer les contaminations : "On sait désormais que la contamination sont les aérosols, l'aération d'une pièce est essentielle". "L'argent n'est pas un problème", pour Bruno Retailleau qui évoque les milliards consacrés au Ségur de la Santé. "L'hôpital a besoin de réformes, notamment de débureaucratisation", insiste-t-il.

 

Pass sanitaire : "À pouvoirs exceptionnels au gouvernement, il faut un contrôle d'exception"

Le président du groupe LR au Sénat avait voté en faveur du pass sanitaire, "par responsabilité", précise-t-il. Le Sénat a également voté la possible de prolonger le pass sanitaire, même s'il voulait "donner au gouvernement des pouvoirs jusqu'à la fin février", et non en juillet 2022. Si l'élu reconnait l'utilité du pass sanitaire, il s'inquiète sur "les pouvoirs exceptionnels du gouvernement", à qui il demande "un contrôle d'exception". "Nous ne voulions pas les donner jusqu'après les présidentielles", justifie Bruno Retailleau qui regrette une "hyper-présidentialisation" d'Emmanuel Macron.

 

Budget 2022 : "On est en train de sacrifier une génération future pour le présent"

Le Sénat a bloqué le budget 2022 soutenu par le gouvernement. Si Bruno Le Maire assure que "les chiffres sont bons", pour Bruno Retailleau "ce budget est une catastrophe". "On est en train de sacrifier une génération future pour le présent", alerte le chef de la majorité au palais du Luxembourg. S'il ne reproche pas "les dépenses nécessaires lorsqu'il a fallu protéger l'économie", il dénonce les "100 milliards de dépenses ordinaires sur trois ans, qui n'ont rien à voir avec la crise", "680 milliards de dette supplémentaire".

Pour Bruno Retailleau, ce budget devient un "budget de campagne". "Nous avons calculé, depuis cet été, 42 annonces, c'est la campagne présidentielle la plus chère de la cinquième République", déplore-t-il. "Pas question que le Sénat porte caution à une dérive", se justifie l'élu qui regrette de voir "dériver les comptes publics". "Ce Président qui nous promettait un nouveau monde, utilise les vieilles ficelles", déplore le sénateur qui voit la dépense publique prendre "des proportions jamais vues".

 

 

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