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UE-Australie : un nouvel accord de libre-échange qui va embraser l’agriculture européenne

Ursula von der Leyen et le Premier ministre australien Anthony Albanese, ont signé ce mardi l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Australie après huit ans de négociations. Un accord qui devrait encore mettre l’agriculteur européenne en difficulté, quelques mois seulement après le Mercosur.

UE-Australie : un nouvel accord de libre-échange qui va embraser l’agriculture européenne
(Photo by FREDERICK FLORIN / AFP)

Après le Mercosur et l’Inde, l’Union européenne finalise un troisième accord de libre-échange en 2026 avec l’Australie. Lors de la signature ce mardi à Canberra, Ursula von der Leyen a insisté sur la portée politique de cet accord, affirmant que « l’UE et l’Australie sont peut-être géographiquement très éloignées, mais nous ne pourrions être plus proches dans notre vision du monde », ajoutant que « l’amitié et la coopération comptent encore plus en période de turbulences ». 

De son côté, Anthony Albanese a salué « un moment important pour notre nation », en soulignant un accès privilégié avec « la deuxième économie du monde ». L’UE, déjà troisième partenaire commercial de l’Australie et deuxième investisseur étranger dans le pays, espère augmenter ses exportations d’un tiers dans les prochaines années.

Le quota de bœuf australien multiplié par dix

Seulement, à l’image du Mercosur, le volet agricole est au cœur des tensions. L’accord prévoit une plus grande ouverture du marché européen aux produits australiens, en particulier la viande. Le quota de bœuf australien autorisé dans l’UE sera multiplié par plus de dix pour atteindre 30 600 tonnes. 

Ce volume sera composé à 55 % de viande nourrie à l’herbe sans droits de douane, tandis que le reste bénéficiera de droits réduits à 7,5 %. L’application sera progressive, avec seulement un tiers du quota effectif durant les cinq premières années. Par ailleurs, 25 000 tonnes de viande ovine et caprine australienne pourront entrer sur le marché européen, également de manière progressive sur sept ans.

Mais ces mesures inquiètent fortement les syndicats agricoles. Le Copa-Cogeca a notamment dénoncé « des concessions disproportionnées » susceptibles de « nuire aux agriculteurs européens, de fausser les marchés et d’affaiblir l’engagement de longue date de l’UE en faveur de normes de production élevées ».

Les produits laitiers et l'automobile européens se frottent les mains

L’accord est en revanche bien plus avantageux pour l’industrie européenne, en particulier dans le secteur automobile. L’Australie s’engage à relever le seuil de sa taxe sur les véhicules de luxe, permettant à environ 75 % des voitures électriques européennes d’en être exemptées. Cette mesure vise à faciliter l’accès des constructeurs européens à le marché australien en pleine transition énergétique. Bruxelles anticipe ainsi une hausse de 50 % des exportations dans les secteurs des produits laitiers et de l’automobile.

Au-delà des échanges commerciaux classiques, l’accord inclut un meilleur accès aux ressources minières australiennes pour l’Union européenne, en particulier le lithium, indispensable à la fabrication des batteries de véhicules électriques.

Une contestation agricole persistante

Malgré les bénéfices annoncés pour l’industrie et les services, l’accord a encore du mal à passer en Europe. Il intervient quelques mois seulement après les accords avec le Mercosur, et l’Inde. Le Copa-Cogeca évoque un « effet cumulatif » des accords commerciaux et accuse « une série noire pour l’agriculture européenne ». 

La crainte principale porte sur une concurrence accrue de produits ne répondant pas toujours aux mêmes standards que ceux imposés aux producteurs européens. Pour éviter une nouvelle crise, l’accord devra encore être validé par les États membres et le Parlement européen.

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