Stéphane Troussel se demande si les mesures anti-Covid "ne sont pas trop tardives ou trop timides"

Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis et secrétaire national du PS, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 1er mars 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Stéphane Troussel interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 1er mars 2021 à 7h40.

Stéphane Troussel : "La Seine-Saint-Denis a trois fois moins de lits de réanimation que Paris et les Hauts-de-Seine"

Emmanuel Macron se rend en Seine-Saint-Denis lundi 1er mars 2021 pour visiter, notamment, un centre de vaccination pour les précaires. La Seine-Saint-Denis fait en effet partie de ces départements en situation de risque. La situation est "tendue et difficile, puisque le taux d’incidence progresse très sensiblement avec un chiffre qui, maintenant, est au-delà de 350 pour 100.000 habitants", explique Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis et secrétaire national du Parti socialiste.

La situation dans les hôpitaux est également critique, notamment car "la Seine-Saint-Denis a trois fois moins de lits de réanimation que Paris et les Hauts-de-Seine". Une situation absurde car "nous avons plus d’habitants", souligne l’élu.
Pour lui, il faut faire preuve "d’une très grande vigilance" mais également "prendre un certain nombre de mesures : je pense à la question des tests et de la vaccination".

 

"Les écoles sont des lieux de brassage et de possible circulation du virus"

La zone C a terminé les vacances d’hiver et l’Éducation nationale a lancé une grande campagne de dépistage dans les établissements. Une mobilisation insuffisante, pour Stéphane Troussel. En Seine-Saint-Denis, il y a "350.000 élèves de la maternelle au lycée", explique-t-il et pourtant il n’y a que "9.000 tests programmés dans les écoles". "On voit bien qu’il y a de la marge."

"Il faut accélérer en matière de dépistage auprès des enfants" car les écoles sont "des lieux de brassage" et de "possible circulation" du virus.


Le gouvernement vise 300.000 tests dans toute la France en mars 2021 pour les établissements scolaires, alors que les élèves sont des millions. Stéphane Troussel estime que "ça fait partie des questions de savoir si un certain nombre de mesures, qui ont l’air de s’accélérer cette semaine, ne sont pas trop tardives ou trop timides".

 

"Il faut concentrer les efforts et donc les vaccins dans les vingt départements qui sont les plus touchés"

La Seine-Saint-Denis a organisé un bus pour la vaccination ainsi qu’un centre pour les plus précaires, à Bobigny. Une nécessité car "on a constaté, par exemple en Seine-Saint-Denis, à quel point une partie des habitants, les plus fragiles, isolés, vulnérables, précaires, ne parvenaient pas à prendre rendez-vous, notamment sur les plateformes numériques". Ainsi, dans le centre mis en place par la CPAM, ce sont les équipes de la CPAM et des villes "qui organisent la prise de rendez-vous". "Nous allons chercher les personnes les plus précaires pour leur permettre de se faire vacciner." Quant au bus affrété pour la vaccination, il sert à faire "de la sensibilisation, de l’information" mais également "de la vaccination" et ce dès cette première semaine du mois de mars 2021 grâce à des doses supplémentaires livrées.

Pour l’élu PS de Seine-Saint-Denis, le gouvernement devrait plus s’appuyer sur les collectivités locales pour gérer la campagne de vaccination. "Ce bus de la vaccination, c’est une initiative du département", se félicite Stéphane Troussel qui précise que "nous pouvons faire plus". "Je sais qu’il y a encore des maires qui sont disponibles pour ouvrir des centres de vaccination" en Seine-Saint-Denis.

Le département, sous surveillance, devrait pour l’élu être prioritaire dans la distribution des doses. "C’est du bon sens, en ce moment, que de concentrer les efforts et donc les vaccins dans les vingt départements qui sont les plus touchés."

 

Confinement à Paris : "Emmanuel Grégoire n'a jamais proposé que ça s’applique à Paris seulement"

En Île-de-France et à Paris, Anne Hidalgo et Valérie Pécresse, respectivement maire de Paris et présidente de Région, estiment qu’un confinement est inéluctable. "Je ne suis pas épidémiologiste", rappelle Stéphane Troussel qui ne se prononce pas sur la possibilité d’un confinement ou sa possible forme. Un micro-scandale est né lors de la demande de Paris d’un confinement. Mais Stéphane Troussel explique qu’en réalité les élus parisiens n’ont jamais proposé "que ça s’applique à Paris seulement". "Bien évidemment que dans une région et des départements aussi imbriqués les uns avec les autres, toute mesure doit se penser à l’échelle de l’ensemble de l’Île-de-France."

Toutefois, l’élu PS estime qu’il faut surtout "engager des actions supplémentaires" et il espère que "cette réponse ne soit ni trop tardive ni trop timide". "Depuis le début, je veux tout faire pour éviter le confinement." Il demande donc plus de "contrôles", par exemple, mais également plus de dépistage et de vaccins. "Je sais les conséquences économiques et sociales du confinement strict.Il rappelle qu’en Seine-Saint-Denis, il y a beaucoup de travailleurs qui sont ceux qu’on a appelé "les premiers de corvée" et qui iront travailler même en cas de confinement.

 

"Comment est-ce possible que dans nos quartiers, les tireurs peuvent se procurer des armes aussi facilement ?"

Après les rixes mortelles, notamment à Bondy la semaine dernière, les établissements de l'Essonne sont placés sous surveillance. Comment en arrive-t-on à cette extrême violence entre les jeunes ? Stéphane Troussel veut "avoir un pensée pour la famille de ce jeune, ses amis, les animateurs qui ont tout fait pour empêcher ce drame. C'est terriblement révoltant ! Comment est-ce possible que dans nos quartiers, les tireurs peuvent se procurer des armes aussi facilement ? Il n'y a pas suffisamment de moyens de police et de justice dans nos quartiers, estime le président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Comment se fait-il que dans mon département, il y ait quasiment deux fois moins d'officiers de police judiciaire ? s'insurge-t-il. Il faut des moyens de prévention, de prévention mais aussi d'investigation pour s'attaquer à ces réseaux et ces trafics. Pour lui, la société doit s'interroger massivement sur ce qui est en train de se passer, chez des individus de plus en plus jeunes".

Concernant le décrochage scolaire, "je n'ai jamais cru dans ce chiffre totalement dérisoire de 5% donné par Jean-Michel Blanquer pendant le confinement, affirme Stéphane Troussel. D'ailleurs, une fois le confinement terminé, les chiffres dévoilés montrent bien évidemment des niveaux bien plus élevés. Je plaide pour qu'on fasse tout pour éviter la fermeture des écoles, qui entraînent un accroissement du décrochage scolaire".

Le secrétaire national du PS confirme soutenir le RSA pour les jeunes. "Toutes les solutions actuelles doivent être encouragées, estime Stéphane Troussel. On ne peut pas avoir cette génération sacrifiée !"

 

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