Solère : "Les Républicains n’ont de républicain que le nom, la digue avec le FN a sauté"

Thierry Solère
Thierry Solère

Chef de file des Constructifs à l’Assemblée nationale, Thierry Solère était l’invité politique du Grand Matin Sud Radio ce vendredi. L’occasion pour lui d’évoquer notamment la situation des Républicains et le nouveau parti qu’il s’apprête à lancer.

Député Les Constructifs des Hauts-de-Seine, Thierry Solère n’est plus aujourd’hui un membre des Républicains. Du moins est-ce ce qu’il croit… "Je ne crois plus qu’on cotise, on a été techniquement suspendus", déclare-t-il au micro de Sud Radio avant de relativiser la portée de cette mise à l’écart. "Je suis un homme libre, je n’ai jamais été élu grâce aux partis et aux élus, j’ai été élu député face à Claude Guéant sans investiture LR, cette fois-ci non plus je n’avais pas de carte LR et j’avais un candidat en face de moi", rappelle-t-il.

"Laurent Wauquiez a déjà franchi la ligne rouge"

"Les Républicains n’ont plus de républicain que le mot. La grande digue avec le Front national a sauté au lendemain du second tour avec M. Wauquiez et ses amis. Rendez-vous compte : le parti de Jacques Chirac et d’Alain Juppé, fondé au lendemain de la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002, n’a pas été capable d’appeler à voter clairement pour Emmanuel Macron face à l’extrême-droite. (…) Alain Juppé dit qu’il serait très attentif à ce que la ligne rouge ne soit pas franchie. Mais Laurent Wauquiez a déjà franchi cette ligne rouge ! Sous l’impulsion de Laurent Wauquiez, Éric Ciotti et leurs amis, au bureau politique du lendemain du premier tour de la présidentielle, ils ont veillé à ce qu’on n’appelle pas à voter Macron. Quand vous avez fait ça, est-ce qu’on peut avoir confiance dans le fait qu’un jour, si c’est leur intérêt, ils ne feront pas l’union avec le Front national ? Non, pas du tout ! Ils viennent de montrer clairement qu’au moment où c’était essentiel, ils ont fait sauter cette digue", ajoute-t-il.

"Les Républicains sont devenus un Tea Party à la française"

Au-delà de l’attitude lors de la présidentielle, Thierry Solère dénonce également une certaine dérive des Républicains. "C’est un parti qui devient un peu un Tea Party à la française, qui s’oppose à des choses qu’il réclamait lui-même il y a quelques semaines ou quelques mois ! Prenez l’exemple de la réforme du code du Travail. La droite a gouverné pendant dix ans de 2002 à 2012, avec notamment M. Wauquiez ministre de l’Emploi, mais elle n’a pas faite cette réforme. Elle a quitté le pouvoir en 2012, en réclamant alors une puissante réforme du code du Travail sous François Hollande. Maintenant, le gouvernement d’Édouard Philippe – quelqu’un de droite – est là, il la met en œuvre rapidement, et vous avez des gars qui viennent vous dire sur vos micros que ça ne changera rien, que ça ne suffit pas, que ce n’est pas ce qu’il faut… Eh bien ça s’appelle des démagogues et des populistes. Ils sont capables de vous dire que la diminution du nombre d’emplois aidés est une mauvaise chose. Allez sur Google, tapez "François Fillon emplois aidés". Vous verrez alors qu’il y a quelques semaines, il proposait purement et simplement la disparition du statut d’emplois aidés !", s’exclame-t-il.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Thierry Solère dans le Grand Matin Sud Radio

 

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