S. Cluzel : "On ne peut pas changer de cap parce qu'il y a des revendications"

Sophie Cluzel, secrétaire d'État en charge des personnes handicapées, était l'invitée politique du Grand Matin Sud Radio.

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Les blocages se poursuivent après la mobilisation des Gilets Jaunes, samedi, contre la hausse des carburants. Deux jours après le 17 novembre, le gouvernement reste sur sa ligne et n'entend pas céder.

Invitée du Grand Matin Sud Radio, Sophie Cluzel, secrétaire d'État en charge des personnes handicapées, a expliqué que le gouvernement devait tenir le cap, même s'il "entendait les revendications".

Pendant des années, on a mis la poussière sous le tapis. Déjà Jacques Chirac disait 'La maison brûle et on regarde ailleurs'

"Le Premier ministre l'a redit, nous voulons aller vers une planète plus propre et il faut qu'on garde cette constance de transition écologique, a expliqué Sophie Cluzel. Je comprends que c'est compliqué pour les Français, parce que nous leur demandons beaucoup, mais il faut qu'on les accompagne avec des mesures précises que le Premier ministre avait déjà annoncées. Il faut qu'on aille plus vite sur ces mesures pour que les Français ressentent, à la fin du mois, qu'ils sont accompagnés."

 

 

Et la secrétaire d'État a rappelé les mesures mises en place pour compenser cette hausse : "Le chèque énergie, pour se chauffer, augmente de 25 %. Nous doublons le nombre de Français qui pourront en bénéficier, pour aller jusqu'à près de 6 millions. Nous avons le barème kilomètrique qui va être beaucoup plus favorable pour ceux qui roulent beaucoup. Nous augmentons la prime pour changer de voiture..."

Mais pour Sophie Cluzel, même si les mobilisations continuent, pas question de revenir en arrière : "On ne peut pas changer de cap parce qu’il y a des revendications. Pendant des années, on a mis la poussière sur le tapis. Déjà Jacques Chirac disait 'La Maison brûle et on regarde ailleurs'. Accélérons, faisons encore mieux."

Handicap au travail : Sophie Cluzel lance un défi aux chefs d'entreprise

 

 

À l'occasion de la semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées, la secrétaire d'État a exhorté les employeurs à recevoir les personnes handicapées qui candidatent à un emploi dans leur entreprise : "On voit bien que ça avance, mais beaucoup trop lentement. Quand on embauche une personne handicapée, c'est un vrai plus. Il faut qu'on fasse cette rencontre. J'en profite pour dire à tous les artisans, les chefs d'entreprises, les patrons de collectivités locales, que quand une personne a un CV marqué avec un handicap, il faut le recevoir. Ce sera un bon recrutement. Le handicap est la première cause de discrimination à l'emploi. Il faut qu'on en prenne conscience, tous. On a une responsabilité collective. Arrêtez de regarder la personne comme une charge, ou avec de la compassion. C'est un vecteur de progrès et de transformation sociale."

Mehdi Belbachir : "Rencontrons-nous. Il peut s'engager pour les européennes, par exemple"

 

 

Enfin, la ministre a réagi à l'appel de Mehdi Belbachir, jeune Lyonnais de 26 ans atteint d'une myopathie, qui proposait mi-octobre ses services pour entrer au gouvernement et qui a réitéré son appel dimanche soir à la télévision : "On a besoin de tout le monde. Il peut s'engager pour les européennes, par exemple. Il faut absolument qu'on ait des personnes handicapées qui portent au niveau européen. Rencontrons-nous et voyons comment il peut amener sa pierre à l'édifice. Je rencontre toujours les personnes parce que ma politique est faite avec les personnes handicapées, pour les personnes handicapées."