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Pourquoi les distributeurs de carburants ne plafonnent-ils pas les prix comme TotalEnergies ? 

Par Elliott Léonard

ECLAIRAGE SUD RADIO - Le prix des carburants continue inlassablement d’augmenter : plus de 2,10 euros le litre en moyenne sur l’ensemble du territoire, avec des pics à 2,60 alors que TotalEnergies les contient sous les 2 €.

Ludovic MARIN - AFP

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, qui a entraîné la hausse des prix des carburants, TotalEnergies a mis en place un plafond limitant le prix de l’essence à 1,99 euro le litre. Ce mercredi, les distributeurs sont convoqués à Bercy afin de se mettre au diapason ou, du moins, de trouver une solution. 

Pour Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des magasins E.Leclerc, le constat est clair : le plafonnement des prix des carburants est « inéluctable », comme il l'a souligné sur Europe 1. Mais est-ce réellement possible ? 

TotalEnergies à la fois producteur, raffineur et revendeur 

Pour bien comprendre pourquoi TotalEnergies est en capacité de tenir ce plafonnement depuis plus de cinq mois, il faut d'abord savoir que le groupe de Patrick Pouyanné, à la différence des simples distributeurs, produit du pétrole et le raffine avant de le commercialiser. TotalEnergies détient donc les trois maillons de la chaîne. 

Concrètement, la multinationale n’est donc pas soumise aux marges des raffineurs, qui sont passées de 3 centimes par litre à plus de 25 centimes en cinq mois. Alors, en plafonnant les prix, TotalEnergies perd-il de l’argent ? En théorie, oui : environ 300 millions d’euros de pertes, mais… sur le deuxième trimestre, le groupe réalise 5,4 milliards de dollars de profits. 

Une possibilité de plafonnement global ? 

Les distributeurs pourraient-ils, eux aussi, plafonner leurs prix ? Théoriquement, c’est également possible. L’État pourrait prendre des mesures de blocage temporaire dans un tel contexte, pour une durée de six mois, grâce à un décret. Pendant la guerre du Golfe, en 1990, cela avait d’ailleurs été le cas, tout comme en 2020 pour les gels hydroalcooliques. 

Un plafonnement trop coûteux pour l’économie française 

L’État pourrait aussi recourir à la baisse du droit d’accise, un impôt indirect qui représente bien plus de 50 centimes par litre pour les consommateurs. En réalité, malgré l’alerte de Michel-Édouard Leclerc, le plafonnement des prix semble complexe au vu de la situation économique française. Soit les entreprises vendent à perte, soit l’État baisse les taxes. Dans les deux cas, ce serait très coûteux. 

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