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Meurtre de Loana à Sedan : Jean-Baptiste M. condamné à 30 ans

L'accusé des viols et du meurtre de Loana, 10 ans, en 2023 à Sedan, a été condamné mercredi à 30 ans de réclusion criminelle, avec une peine de sûreté des deux tiers, par la cour d'assises des Ardennes à Charleville-Mézières.

Balance de la justice symbolisant le verdict dans l'affaire de Loana.
DAMIEN MEYER - AFP/Archives

L'accusé des viols et du meurtre de Loana, 10 ans, en 2023 à Sedan, a été condamné mercredi à 30 ans de réclusion criminelle, avec une peine de sûreté des deux tiers, par la cour d'assises des Ardennes à Charleville-Mézières.

Jean-Baptiste M., 60 ans, échappe ainsi à la peine de réclusion criminelle à perpétuité réelle, c'est-à-dire incompressible, qu'avait requise mercredi matin l'avocate générale.

Celui qui avait reconnu les faits du bout des lèvres dès l'ouverture de son procès lundi a accueilli le verdict avec impassibilité.

Les larmes aux yeux, Peggy Creton, la tante de Loana, a déclaré se sentir "soulagée" par ce verdict, espérant que la famille pourra à présent "reprendre une vie presque normale".

Elle a cependant regretté de n'avoir "pas complètement" eu les réponses de l'accusé qu'elle attendait, comme Jean-Baptiste M. s'est exprimé de manière minimaliste durant son procès.

"C'est une peine qui paraît juste, en tout cas ça a été ressenti comme cela par l'ensemble des parties civiles aujourd'hui", a réagi M. Mathias Darmon, avocat de l'association Innocence en danger.

La période de sûreté des deux tiers a "matière à nous rassurer" car "on s'attend à ce qu'il passe le restant de sa vie derrière les barreaux, et c'est ça qui est aussi satisfaisant pour les parties civiles aujourd'hui", a-t-il ajouté.

- Viols "horrifiques" -

"J'ai l'impression que c'est une décision qui est équilibrée", a commenté l'avocate de la défense, Me Pauline Vidal, qui "ne pense pas" que son client fera appel.

Dans son réquisitoire l'avocate générale avait évoqué des "faits très éprouvants", commençant par la "violence de ces viols" et "l'extrême douleur causée" à Loana. Des "traces de strangulation manuelle" et des hématomes "sur le visage" de la fillette avaient été relevés.

Lorsque Loana a tenté d'échapper à son bourreau, "il est allé jusqu'au bout", avait-elle poursuivi, rappelant la présence de "12 plaies cutanées" causées par des coups donnés avec une quille en bois et le "fracas de la boîte crânienne" menant au décès.

L'avocate générale avait aussi souligné des viols post-mortem "dans des conditions horrifiques" alors que le corps de la petite fille baignait "dans son sang".

Jean-Baptiste M. a "globalement reconnu les faits" mais "sans précision", avait encore relevé l'avocate générale, estimant que ses remords traduisaient "de la honte et non de la culpabilité".

- Pas le profil d'un pédophile -

Le 17 octobre 2023, la mère de Loana signale la disparition de la fillette, qui n'est pas rentrée comme d'habitude du collège avec le bus.

Le lendemain, son corps est retrouvé dans la cave d'un petit immeuble du centre-ville de Sedan, composé d'un bar désaffecté et d'un logement unique à l'étage.

Jean-Baptiste M., qui habitait ce logement et qui avait été vu avec Loana par un témoin, est rapidement interpellé, mis en examen et placé en détention provisoire.

Ce voisin de la famille de Loana, chez qui la fillette se rendait "régulièrement" selon le père de la victime, avait initialement reconnu le viol durant l'enquête mais nié le meurtre, évoquant une chute mortelle et accidentelle.

Entendu lundi au procès, le directeur de l'enquête a décrit une scène de crime insoutenable: "Un cheminement de sang, de chouchous et de perles" provenant d'un collier de la victime, menant de la cuisine du bar désaffecté, où a été tuée Loana, jusqu'à la cave, où était déposé son corps "sur des palettes, entouré de draps ensanglantés".

Me Vidal a cependant souligné durant sa plaidoirie que Jean-Baptiste M. n'avait pas le profil d'un pédophile.

Et elle a insisté sur les difficultés traversées par l'accusé, qui avait tenté de se suicider à plusieurs reprises dans les mois précédant les faits. Selon elle, sa dérive s'est accentuée après sa séparation d'avec sa compagne en 2014.

La cour avait détaillé lundi son parcours de vie chaotique: dixième d'une famille de 12 enfants, il a passé son enfance dans une roulotte parmi la communauté des gens du voyage, avec des parents violents. Il perd son père à 13 ans, sa mère est alcoolique et il ne va "pas beaucoup" à l'école, se retrouvant illettré.

La cour a "pris conscience que c'était aussi malgré tout un être humain", a encore estimé Me Vidal après le verdict.

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Par Catherine DAUDENHAN / Charleville-Mézières (AFP) / © 2026 AFP

#Loana #Sedan #Justice #Crime #France

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