Bonjour Élisabeth Levy. Ce matin, vous avez choisi de revenir sur les résultats du classement PISA, devenus catastrophiques pour les élèves français.
"Bonjour Jacques. Oui, nous faisons face à un effondrement scolaire français, européen et occidental. Mais en réalité, nous n'avons même pas besoin d'études internationales pour mesurer l'étendue du désastre dans notre pays. Il suffisait hier d'écouter Marine Tondelier lors de son entretien accordé à Darius Rochebin."
Georges Pompidou ? « Je n'ai pas de souvenir, je ne l'ai pas connu et je n'ai rien de marquant à dire sur lui en tant que citoyenne ou électrice ». Lorsque le journaliste lui rappelle le développement industriel, l'économie et la croissance de cette présidence, elle rétorque : « Apparemment, vous, ça vous a marqué ». Elle ignorait manifestement que Georges Pompidou fut pourtant le tout premier président français à avoir abordé la question des risques environnementaux, comme le rappelait le chercheur Raphaël Doan.
Valéry Giscard d'Estaing ? « Il me fait penser à Emmanuel Macron ». Elle n'a pas été fichue d'évoquer la légalisation de l'IVG ou l'évolution des droits des femmes, un comble pour une responsable qui se revendique féministe. Nicolas Sarkozy ? C'est résumé à c'est le mal. Jacques Chirac ? Cela se limite à manger des pommes.
"Je doute fort qu'elle connaisse seulement leurs noms"
Pourtant, Marine Tondelier est une candidate potentielle à la magistrature suprême. Son unique grille de lecture se limite à sa propre expérience : « Je ne sais pas, je n'étais pas née ». Si on l'avait interrogée sur Napoléon Bonaparte ou Bertrand du Guesclin, je doute fort qu'elle connaisse seulement leurs noms.
Devant ce naufrage intellectuel et ce vide vertigineux abondamment raillés sur les réseaux sociaux, je vous l'avoue franchement : j'ai de la peine pour Marine Tondelier."
🇫🇷 Marine Tondelier se perd sur l'histoire des Présidents de la Ve République
— Sud Radio (@SudRadio) September 9, 2026
🗣️ @ELevyCauseur : "Son seul horizon c'est "je ne sais pas, je n'étais pas née", sa petite vie à elle à l'échelle de sa génération"
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Avoir de la peine pour une dirigeante politique de premier plan, est-ce bien sérieux ?
"Oui, je suis très sérieuse, car Marine Tondelier ne sait même pas qu'elle ne sait pas. Elle est la double victime de la destruction de l'école et du mensonge institutionnel qui dissimule cette ruine.
N'oublions pas qu'elle a suivi une classe préparatoire littéraire en Hypokhâgne et qu'elle est diplômée de Sciences Po. L'État et les pouvoirs publics lui ont fait croire, à elle comme à ses parents, qu'elle possédait le bagage suffisant pour appartenir à l'élite. De la même façon, on distribue aujourd'hui le Baccalauréat à des adolescents qui ne maîtrisent pas leur langue, ignorent tout de Georges Pompidou et n'ont jamais entendu parler de Michel de Montaigne.
À chaque publication du classement PISA, nous nous posons les mêmes questions et la réponse reste inchangée : il est le produit d'une alliance entre lâcheté et idéologie. La recette appliquée est d'une efficacité infaillible : une exigence minimale combinée à une compassion maximale. On a remplacé la verticalité de l'enseignement — celle d'un maître qui transmet son savoir à un élève qui écoute et apprend — par une horizontalité démagogique où l'on s'interdit de perturber les élèves avec des mauvaises notes."
"La seule véritable bienveillance, c'est la vérité"
Selon vous, l'institution scolaire a donc renoncé à sa mission fondamentale de transmission au profit de l'égalitarisme ?
"Absolument. La seule véritable bienveillance, c'est la vérité. Une évaluation lucide du niveau réel nous amènerait probablement à un taux de réussite au Baccalauréat situé entre 50 % et 60 %. Mais on a préféré sacrifier la transmission au profit de la lutte contre les inégalités.
Comme le soulignait Régis Mailhot, faute de savoir faire progresser les élèves en difficulté, le système a fait régresser les bons. Dans les colonnes du journal Le Monde, un expert de l'OCDE qualifiait presque de « bonne nouvelle » la forte baisse des résultats chez les élèves les plus favorisés entre 2015 et 2025. C'est la démonstration parfaite du nivellement par le bas, dispensé avec un grand succès."
"Nous fabriquons à la chaîne des diplômés aux titres factices"
Quelle est la conséquence ultime de cette politique éducative pour l'avenir du pays ?
"Nous fabriquons à la chaîne des diplômés aux titres factices, de véritables diplômes Potemkine. À l'instar de Marine Tondelier, toute une génération ignore d'où elle vient et se retrouve privée des armes intellectuelles nécessaires pour appréhender la complexité du monde dans lequel elle vit.
Cette faillite est notre responsabilité collective. Le drame, Jacques, c'est que ces jeunes feront tourner la France demain, et cela a franchement de quoi faire peur."