Perquisition : Jean-Luc Mélenchon a-t-il dépassé les bornes ?

Jean Luc Mélenchon a-t-il dépassé les bornes ? Pour faire le point, Véronique Jacquier a lancé le débat jeudi 18 octobre avec ses invités dans "Info vérité" sur Sud Radio :
- Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat des magistrats FO ;
- Djordje Kuzmanovic, orateur national de la France Insoumise ;
- Patrick Vignal, député LREM de l’Hérault ;
- Jacky Coulon, ancien juge d’instruction et Secrétaire national de l’Union Syndicale des Magistrats.

"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Les images de la perquisition ont choqué les Français, de même que la violence corporelle et verbale de Jean-Luc Mélenchon et de ses soutiens. Le leader de la France Insoumise est-il pour autant défendable ? Il faut dire que ces deux perquisitions, tout de suite médiatisées, tombaient le jour du remaniement. Et quand Jean-Luc Mélenchon dit "Je ne suis pas un voyou, j’ai été moins bien traité que Benalla", il a raison. Pas sur la forme, mais sur le fond. "Quand c'est Benalla, on met 48 heures à trouver un serrurier pour entrer... On voit bien qu'il y a une justice à deux vitesses", estime Djordje Kuzmanovic, orateur national de la France Insoumise.

"On ne peut pas parler de justice à deux vitesses. Mélenchon et Benalla, ce sont deux affaires différentes", estime au contraire Jacky Coulon, secrétaire national de l’USM. "Il faut qu'on arrête de parler de Benalla, juge pour sa part Patrick Vignal, député LREM de l’Hérault. C'est simplement un jeune sans pouvoirs qui s'est retrouvé au centre d'une affaire."

Des opposants dans les filets de la justice

La perquisition d’hier portait sur l’affaire des emplois présumés fictifs de la France Insoumise au parlement européen. "Dans cette même affaire, Marine Le Pen est mise en examen. Le Rassemblement National est mis en examen. Bizarrement, le Modem de François Bayrou est aussi visé par la même enquête, souligne Véronique Jacquier. Il y a eu une perquisition au siège du Modem, mais pas au domicile de François Bayrou et le maire de Pau n’est pas mis en examen."

De même, Richard Ferrand, président de l’Assemblée Nationale, quatrième personnage de l’État, est poursuivi dans l’enquête sur les Mutuelles de Bretagne. Mais dans son cas, il n’y a eu ni perquisition, ni mise en examen. Faut-il en déduire que seuls les opposants à Emmanuel Macron se retrouvent pris dans les filets de la justice ? Certains le pensent. "Il faut que la classe politique arrête de se victimiser ! Dès qu'il y a une enquête on parle de complot ! s’agace Patrick Vignal. Les jeunes qui se font arrêter maintenant, comment ils vont réagir après avoir vu Mélenchon se coller à un policier ?" "France Insoumise, c’est un beau mouvement, estime Patrick Vignal. Je ne mélange pas Jean-Luc Mélenchon et France Insoumise, mais ce qu'il a fait c'est inadmissible. Il n'a plus sa place dans la sphère politique et est en train de détruire votre mouvement."

Quelle indépendance de la justice ?

Pour autant, les magistrats revendiquent leur indépendance. "Mais certains magistrats sont politisés", souligne Véronique Jacquier. Par ailleurs au-delà du pouvoir de nomination, et donc de promotion, le procureur qui s’est déplacé mardi matin lors des perquisitions dépend du parquet de Paris, qui lui-même dépend de la chancellerie. Et quand Jean-Luc Mélenchon a crié à l’opération politique, le syndicat de la magistrature a quant à lui demandé une réforme afin de couper le cordon entre les parquets et le pouvoir. "Il faut qu'il y ait un changement dans la constitution pour la justice soit totalement indépendante", réclame Djordje Kuzmanovic.

Un sujet clé alors que, récemment, Emmanuel Macron a personnellement choisi le nouveau procureur de Paris. Du jamais vu. Jean-Luc Mélenchon a-t-il dépassé les bornes ? En tout cas, son indignation pose de vraies questions sur le fonctionnement de la justice de notre pays.

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