Patrick Mignola : "Il faut un grand coup d’accélérateur sur le plan de relance"

Patrick Mignola, Député de Savoie, président du groupe Modem à l'Assemblée Nationale et vice-président du Modem, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 11 février 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Patrick Mignola interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 11 février 2021 à 7h40.

Depuis quelques jours, le gouvernement adopte un discours plus optimiste sur la possibilité de passer outre un nouveau confinement. "Il faut qu’on garde le moral et puis, surtout, il ne faut rien lâcher, parce que ça peut ne pas marcher", relativise Patrick Mignola, ce qui entraînera alors un reconfinement. "Mais si on y arrive, on va montrer qu’il y a une intelligence collective, des solidarités qui fonctionnent dans ce pays", encourage le député.

 

Si le gouvernement ne veut pas reconfiner, les médecins du Conseil scientifique sont d’un avis totalement opposé et recommande un reconfinement. De la part des médecins, "il y a évidemment des alertes", concède l'élu de Savoie. "Il y a un arbitrage permanent à faire", et ce tous les jours. "Dans cet arbitrage, la situation est simple : tant qu’on le pourra, on ne confinera pas", rassure le vice-président du Modem.

"On aurait pu faire mieux"

La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, a reconnu que l’Union européenne a été un peu lente sur les vaccins contre la Covid-19. Pour certains, c’est un énième échec de l’UE. "Finalement, on a gagné quelque chose dans cette crise, c’est une posture d’humilité de la part des politiques", estime le député. Face à ce virus qu’on ne connaît pas beaucoup, "on peut faire des erreurs", rappelle-t-il. "Elle a reconnu qu’on aurait pu faire mieux". Toutefois, il souligne que "si tous les pays européens étaient rentrés en guerre les uns contre les autres pour obtenir les vaccins, non seulement ils auraient coûté plus cher mais on n’en n’aurait pas eu plus".

L’Union européenne a réussi à sécuriser 600 millions de doses, "de quoi vacciner la totalité de la population du continent", précise le député qui tient à rappeler que l’industrie ne peut pas produire tous les vaccins, soit 12 milliards de doses, en "un ou deux mois". Alors que les vaccins français se sont soldés par un échec, notamment celui de Sanofi, "on essaie d’en fabriquer aussi en France, aussi en Europe. Et c’est tout l’enjeu de la relocalisation industrielle dans les années qui viennent".

"C’est un traumatisme très lourd"

Le gouvernement a présenté un plan pour sauver la situation dans les montagnes et les secteurs d’activité associés, mais il est jugé insuffisant par les concernés. Ce n’est pas l’avis du député de Savoie. "C’est un plan qui est à la hauteur". "C’est un traumatisme très lourd" que la crise sanitaire, explique l’élu, "parce que l’économie de montagne c’est qu’en quatre mois il faut que vous gagniez suffisamment votre vie pour pouvoir tenir les huit autres". "Le plan montagne, c’est le même plan de soutien à l’économie qu’on a conduit en France, en prenant en compte la spécificité de la montagne, donc il est plus élevé", explique l'élu.


Élisabeth Borne, ministre du Travail, avait recommandé d'embaucher les saisonniers pour qu’ils puissent bénéficier du chômage partiel. "Selon les secteurs d’activité, on a entre 85 % et 95 % d’embauche", note Patrick Mignola. "Les structures économiques ont joué le jeu", se félicite-t-il. "Le génie qu’on peut avoir en montagne, c’est-à-dire la capacité qu’on a de vous accueillir et la capacité qu’on aura de vous accueillir l’année prochaine on l’espère, ça passe aussi par des femmes et des hommes qui savent faire", souligne le député pour expliquer ce niveau très élevé d’embauches.

 

"La montagne reste belle"

Les vacances de février battront leur plein la semaine du 15 février 2021. "La montagne reste belle", rappelle le Savoyard qui invite les Français à s’y rendre et qui admet que les réservations ont "redémarré un petit peu". "De toute façon, aujourd’hui, on n’a pas la clientèle étrangère. Donc il y a moins de risques, si on reste bien vigilants les uns avec les autres", rassure Patrick Mignola.

 

"Il faut qu’un bout du plan de relance soit mis dans la main des préfets"

Concernant le plan de Relance du gouvernement, dont on ne voit pas encore les effets, Patrick Mignola concède que "c’est trop lent". Les prêts de 10 milliards, soit 10% du montant du plan de relance, qui ont été débloqués, "financent surtout pour le moment les grandes politiques publiques", comme la fibre optique ou l’hydrogène. "Il faut qu’un bout du plan de relance soit mis dans la main des préfets", recommande le député, qui pourront, "sur le terrain, travailler avec les maires" et les entreprises.

Il rappelle que les Français ont mis "70 milliards de côté, de l’épargne de précaution", durant la crise de la Covid-19. Cette enveloppe pourrait facilement être mobilisée si les Français avaient plus confiance, explique Patrick Mignola, ce qui les inciterait eux-mêmes à faire des investissements comme des travaux. "Il faut un grand coup d’accélérateur sur le plan de relance", encourage-t-il.

 

 

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