Olivier Marleix : "Personne n'a le droit de s'extraire de la primaire"

Olivier Marleix, député d'Eure-et-Loir et vice-président des Républicains, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Philippe David le 7 juillet 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Olivier Marleix interviewé par Philippe David sur Sud Radio le 7 juillet 2021 à 7h40.

Olivier Marleix : "Ça revenait à inscrire une sorte de principe de décroissance"

Jean Castex a annoncé que l’exécutif allait renoncer au changement de la Constitution concernant la promesse d’Emmanuel Macron d'y inscrire la préservation de l’environnement. Une décision prise à la suite d’un désaccord majeur avec le Sénat, à majorité de droite. "Cette révision constitutionnelle telle qu’elle était proposée par le président de la République était en réalité assez dangereuse", estime Olivier Marleix. "Ça revenait à inscrire, non plus le principe de précaution, mais une sorte de principe de décroissance, en fait, dans notre Constitution", argumente-t-il.

Pour le vice-président des Républicains, "c’était vraiment condamner notre pays à renoncer à tout un tas de projets" et notamment à la relocalisation. "Ce n’est pas notre vision de l’écologie", souligne le député. "Pour nous, l’écologie, la lutte contre le réchauffement climatique, doivent rimer avec innovation, avec recherche de nouvelles solutions." Une vision "diamétralement opposée" avec celle du président de la République, précise Olivier Marleix.

 

"Si on veut faire une réforme des retraites sérieuse, il faut la faire après la présidentielle 2022"

À l’Élysée, les partenaires sociaux se sont réunis, mardi 6 juillet, au sujet de la réforme de l’âge de départ à la retraite. Faute d'accord, le risque d’un automne social explosif est réel, alors que la relance est en cours. "Tout ça n’est pas très raisonnable : le président de la République a bloqué le pays avec un projet de réforme qui était un peu excessif, un peu délirant, qui remettait absolument tout en cause", souligne Olivier Marleix.

Pour lui, le freinage annoncé par le gouvernement est fait "pour piéger la droite" car il reprend "le projet de contre-réforme de la droite" afin de conduire à un vote en faveur de la réforme de la part de la droite à quelques mois de la Présidentielle 2022. Toutefois, le vice-président des Républicains rappelle que la proposition de la droite n’était pas seulement un passage de l’âge de départ de la retraite à 64 ans mais aussi "de mettre un terme, de réformer, les régimes spéciaux". Or, selon lui, si Emmanuel Macron "fait ça à 6 mois de la Présidentielle, bon courage, il bloquera complètement le pays qui n’en a pas besoin et qui a surtout besoin de reprise économique en ce moment". D’ailleurs, Olivier Marleix est clair : "si on veut faire une réforme sérieuse, il faut la faire après" la Présidentielle 2022.

 

Présidentielle : certains candidats pensent encore "pouvoir s’extraire de ce mécanisme de primaire"

Lors d’une réunion au sein du parti Les Républicains, Christian Jacob, président du parti, a semblé temporiser concernant l’annonce du candidat pour la Présidentielle. "On ne temporise pas du tout", estime Olivier Marleix. "On a acté hier, au contraire, le fait que nos militants trancheraient au mois de septembre sur le mode de désignation précis ; et que le vote du candidat aura lieu en novembre", précise-t-il.

Un calendrier "qui était prévu" et qui est désormais "acté officiellement". Le choix du candidat prendra la forme "d’un vote qui ressemblera, finalement, à une forme de primaire", explique le vice-président des LR, malgré la réticence de certains. Le vote sera élargi au-delà des simples adhérents LR, moyennant une contribution plus élevée qu’en 2017, car "l’idée c’est de créer aussi un rassemblement" notamment car certains candidats pensent encore "pouvoir s’extraire de ce mécanisme de primaire", explique le député d’Eure-et-Loir.

 

"Nous avons une immense responsabilité qui est celle de proposer une alternative"

Le vice-président du parti Les Républicains, sans le citer, parle de Xavier Bertrand qui a annoncé être candidat à la présidentielle sans passer par la primaire de la droite. "Nous avons, collectivement, une immense responsabilité qui est celle de proposer une alternative, au terme de ce quinquennat, qu’à titre personnel je trouve assez calamiteux", souligne Olivier Marleix. Il demande donc de ne pas prendre "le risque de gâcher cette opportunité par une démarche qui ne serait pas collective". "On est en train de créer les conditions d’un jeu collectif, personne n’a le droit de s’en extraire", juge le député d’Eure-et-Loir.

Pourtant, Xavier Bertrand a quitté le parti LR et a, théoriquement, le droit de se présenter puisque la présidentielle est une élection au suffrage universel direct. Olivier Marleix, de son côté, rappelle que les derniers candidats et présidents, comme Chirac et Sarkozy, on cherché "le soutien" de leur "famille politique". La primaire est donc "un exercice de responsabilité auquel tout le monde doit se plier".

Sans trop se mouiller, Olivier Marleix confie que son cœur ira "vers celui qui nous fera gagner", appuyant sur un besoin de changement, après dix ans passés dans l'opposition. "Nous n'avons pas le droit de gâcher cette opportunité de redresser le pays pour des questions d'égo", prévient-il, saluant les démarches de Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse de "faire preuve de bonne volonté".

 

Une vision "radicalement différente" de Macron

Pas question de désigner un candidat Macron-compatible, Les Républicains étant "le principal parti de l'opposition depuis quatre ans". Pour Olivier Marleix, la vision de la France de sa famille politique est "radicalement différente" de celle d'Emmanuel Macron, dont son quinquennat "ressemble furieusement au quinquennat précédent", celui de François Hollande.

Guillaume Peltier n'est plus le numéro deux du parti depuis le mardi 6 juillet. Une sanction après avoir soutenu Xavier Bertrand et déclaré avoir quelques idées communes avec Robert Ménard. "Dans les deux cas, c'est difficile d'être le numéro 2 sans chercher à exprimer un jeu collectif", réagit Olivier Marleix.

Olivier Marleix dépose mercredi 7 juillet à l'Assemblée nationale un rapport sur la loi Sapin 2, qui lutte contre la corruption dans la vie politique et économique. "Un enjeu très important", pour le député, que ce soit pour l'éthique comme la souveraineté. "En réalité, les entreprises jouent relativement bien le jeu", souligne-t-il, pointant des "réticences" du côté des pouvoirs publics.

 

 

 

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