Olivia Grégoire : les maires qui autorisent l'ouverture des commerces "font du buzz politique"

Olivia Grégoire, Secrétaire d'État chargée de l'Économie sociale, solidaire et responsable, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 3 novembre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Olivia Grégoire interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 3 novembre 2020 à 7h40.

À Vienne, en Autriche, le 2 novembre 2020, un nouvel attentat a eu lieu, après les multiples attaques en France. "La menace est partout en Europe", concède Olivia Grégoire, qui rappelle que "l’ensemble des religions, des pratiques, sont aujourd’hui menacées". "C’est un combat que la France mène, mais c’est un combat que l’Europe doit mener avec la France. On est tous face aux mêmes dangers, à une même réalité qui est ce terrorisme islamiste radical".

 

Olivia Grégoire : "Le monde est électrique, à nous de ne pas mettre les doigts dans la prise et de garder notre sang-froid"

Concernant l’élection américaine qui se déroule ce 3 novembre 2020, Olivia Grégoire espère avant tout "des résultats" alors que les tensions entre les deux camps ne cessent d’augmenter. "On est tous inquiets de résultats qui seraient contestés avant même, peut-être, que d’être promulgués." "J’ai des doutes et des inquiétudes quant à la façon dont la population américaine va recevoir ces résultats" ajoute-t-elle.

Les ventes d’armes ont explosé ces dernières semaines, la population se barricade et Donald Trump lui-même a annoncé publiquement qu’il n’hésiterait pas à contester l’issue des élections. "On est en droit de s’inquiéter. Le monde est électrique, à nous de ne pas mettre les doigts dans la prise et de garder notre sang-froid."

 

Covid-19 : "J’entends les critiques, mais les chiffres sont réels et terribles."

La secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable (ESS) revient sur la rentrée de novembre 2020 qui s’est faite le 2 novembre 2020 en plein reconfinement. "À Bercy on est une équipe aux côtés de Bruno Le Maire ; nos ressentis c’est évidemment la difficile compréhension des dernières mesures, mais l’absolument nécessaire de la mise en place de ce confinement".

Elle souligne que plus de 52.000 cas de Covid-19 ont été décelés en France en 24 heures le 2 novembre 2020 et que la dernière semaine d’octobre, les hospitalisations ont augmenté de 62%, et qu’en réanimation le nombre de patients a grimpé de 35%. "J’entends les critiques, je ne dis pas que c’est facile, mais les chiffres sont réels et terribles."

 

"On est de loin le pays européen qui accompagne le mieux ceux qui aujourd’hui sont fermés"

Les petits commerçants, contraints de fermer, se plaignent de ce nouveau confinement : "ce qu’il y a de sûr, ce qu’il y a de vrai c’est que malgré le couvre-feu, malgré les mesures qui ont été mises en place il y a une quinzaine de jours-trois semaines, on se rend compte que les interactions, les flux, sont encore extrêmement puissants." Les librairies, par exemple, sont un lieu "d’affectio societatis, un lieu de lien social" car on va discuter, regarder puis reposer des livres… "c’est là, dans ces flux, qu’on a des problèmes", souligne la secrétaire d’État.

Elle rappelle que "on est quand même de loin et je veux le dire avec force, le pays européen qui accompagne le mieux ceux qui aujourd’hui sont fermés". Par rapport "aux Allemands" et aux "Espagnols" qui mettent "10 milliards pour accompagner les entreprises" durant le mois de novembre 2020 et le reconfinement, "on en met vingt".

 

"On ne présage pas assez du bon sens des commerçants"

Les commerces sont certes fermés au public, mais peuvent toujours fonctionner tient-elle à rappeler : "aujourd’hui, vous appelez votre commerçant, vous pouvez aussi l’appeler pas uniquement lui envoyer un mail, vous lui demandez s’il est possible d’aller chercher votre commande et vous allez chercher votre commande". Une vente qui n’influencera pas les aides de l’État : "le bénéfice net n’est pas concerné par le fonds de solidarité : c’est de l’argent qui va directement dans les poches du commerçant pour passer ces moments difficiles".

Quant aux Français qui estiment que c’est impossible, Olivia Grégoire juge qu’on "ne présage pas assez du bon sens des commerçants". Elle raconte qu’une boutique de vêtements a tout simplement mis une pancarte avec les détails de comment prendre une commande. "On se débrouille." Les mairies ont aussi leur rôle à jouer, notamment en mettant en place des "places de marché" électroniques, des marketplaces, "pour leurs commerçantsIl serait bien localement de mettre en place avec les associations de commerçants, sur les sites web des mairies, la possibilité de contacter les commerçants".

 

"Il y a des maires qui font aussi du buzz politique, on n'est pas dupes"

Quant aux maires qui ont pris des arrêtés permettant aux commerçants d’ouvrir, "je crois qu’il y a des maires qui font aussi du buzz politique, on n'est pas dupes", soulignant que sur les plus de 36.000 mairies en France, quelques dizaines seulement se sont manifestées avec des arrêtés municipaux tandis que les autres "se conforment, certes avec difficulté, aux décisions du gouvernement".

Pour Olivia Grégoire, "les maires peuvent aussi nous accompagner dans la mise en place de ces places de marché rapidement."

 

"Il y aura plus d'un milliard au service de l'Économie sociale et solidaire, notamment sur l'emploi"

Le mois de novembre est le "mois de l'Économie sociale, solidaire et responsable". Des coopératives, mutuelles, associations qui représentent 2,5 millions de salariés, qui doivent réutiliser les bénéfices. "Elle ont toutes en commun de chercher un impact, une empreinte sociale, solidaire ou environnementale précise Olivia Grégoire. Cette économie a aussi été touchée par le premier confinement. Toutes ces entreprises, mutuelles, associations ou coopératives sont éligibles à toutes les aides mises en place pour les entreprises classiques.

En tant que Secrétaire d'État à leur service, c'est mon boulot de leur dire 'ce n'est pas parce que vous vous occupez des autres qu'on n'est pas là pour vous aider' ! affirme Olivia Grégoire. S'il faut faire plus, on fera plus, Bruno Lemaire me l'a garanti ! Il y aura 200 millions au service des associations, mais plus largement, plus d'un milliard au service de l'Économie sociale et solidaire, notamment sur l'emploi, parce que c'est une économie qui crée de l'emploi et qui est très agile".

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