Nathalie Loiseau : "L'Italie ne peut pas demander de la solidarité sans respecter les règles"

Nathalie Loiseau, ministre auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, était l'invitée politique du Grand Matin Sud Radio.

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Dernier jour pour que l'Italie revoie sa copie budgétaire après une première version retoquée par Bruxelles. Le gouvernement italien a déjà fait savoir qu'il ne reviendrait pas sur ce qu'il considère être des "piliers" de son budget, mais se dit ouvert aux négociations avec l'Union européenne.

Invitée du Grand Matin Sud Radio, Nathalie Loiseau, ministre auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, est revenue sur les points de blocage du budget italien.

Quand l'Italie demande de la solidarité européenne sur la question migratoire, et elle a raison, elle ne peut pas dire, en même temps, qu'elle ne respecte pas les règles budgétaires et monétaires

"On va voir la décision qui sera prise par le gouvernement italien, c'est à eux de décider, a expliqué la ministre. Je voudrais expliquer pourquoi la Commission de Bruxelles est hostile à un déficit de 2,4 % alors que la France est au-dessus. Mais il y a de vraies questions à se poser sur ce budget. La prévision de croissance n'est pas très crédible et on se doute que ce budget aura du mal à être réalisé."

 

 

"La vraie préoccupation, c'est le niveau de la dette, a poursuivi Nathalie Loiseau. C'est le deuxième plus haut derrière la Grèce. Ce n'est bien sûr pas à la France de donner des leçons en matière de dette et de déficit, vraiment pas. Mais nous avons la même monnaie. Nous nous renforçons de la force des autres et nous affaiblissons de la faiblesse des autres. Quand l'Italie demande de la solidarité européenne sur la question migratoire, et elle a raion, elle ne peut pas dire, en même temps, qu'elle ne respecte pas les règles budgétaires et monétaires."

Brexit : "Theresa May sait que nous voulons continuer d'avoir des relations avec le Royaume-Uni"

Autre sujet brûlant en Europe, le Brexit. Nathalie Loiseau, en tant que ministre chargée des Affaires européennes, sera d'ailleurs reçue par le maire de Londres, Sadiq Khan. Une rencontre qui aura pour but, explique-t-elle, d'avancer sur la situation des Français qui vivent au Royaume-Uni.

"Je m'inquiète pour eux, a confié Nathalie Loiseau. S'il n'y a pas d'accord de retrait, je veux être certaine que les Français qui vivent au Royaume-Uni continuent à être les bienvenus, aient un statut, que leurs droits sociaux soient maintenus..."

Je ne peux pas travailler sur des hypothèses. J'écoute ce que dit le Premier ministre britannique et elle dit qu'il y aura un Brexit

Theresa May, la première ministre britannique, faisait partie des chefs d'État et de gouvernement invités en France pour les commémorations de la fin de la première guerre mondiale. L'occasion d'échanger sur la question : "Theresa May sait notre état d'esprit. Celui d'un pays qui veut continuer d'avoir des relations avec le Royaume-Uni. Mais nous ne pouvons pas prendre de décisions à sa place."

 

 

Un Brexit qui continue d'alimenter les rumeurs d'un possible retour en arrière de la part des Britanniques : "La décision revient à Theresa May. Les négociations, sur le plan techniques, sont allées au bout de ce qu'elles pouvaient donner. Il y a maintenant un choix politique à faire du côté britannique et à porter auprès de la population. Mais je ne peux pas travailler sur des hypothèses. J'écoute ce que dit le Premier ministre britannique. Et elle dit qu'il y aura un Brexit. La question, c'est de savoir à quel niveau de relations avec l'Union européenne on reste."