Manuel Bompard: Une loi anticasseurs "extrêmement inquiétante"

La nouvelle génération qui se présente aux élections européennes doit dessiner un autre projet pour l'Union, explique le directeur national des campagnes de La France Insoumise et candidat aux Élections Européennes. Manuel Bompard est aussi revenu sur la loi anticasseurs qu'il estime "extrêmement inquiétante'", et sur le grand débat national qu'il juge biaisé.

"Remettre en cause ces traités, mais pas l'idée européenne"

Il y a une nouvelle génération en politique qui apparaît, et c'est une bonne chose. Il y a les déçus de la construction européenne, par rapport à ce qu'on lui avait promis, ce n'est plus seulement Erasmus. Ce qu'on a c'est le travail détaché, le travail détaché, l'Europe des multinationales, le poids des lobbys. Il faut tourner la page de cette construction européenne là, il faut tourner la page de ces traités qui détruisent des services publics, notre planète. Il faut au contraire aller vers une Europe du progrès social, de l'écologie, de la démocratie. Pour beaucoup de gens l'Europe c'est le service public, la gare où la maternité qui ferme, le travailleur détaché qu'on amène pour concurrencer les droits sociaux vers le bas, le Traité de 2005 rejeté par le peuple puis adopté par voie parlementaire. Il faut remettre en cause les traités qui régissent l'Union européenne, pas l'idée européenne elle-même.

"La justice doit fonctionner sur des faits, non sur de l'arbitraire"

Cette nuit l'Assemblée nationale a voté une nouveau délit de dissimulation du visage, dans la loi anticasseurs en cours d'examen. Un texte dangereux selon ce responsable de la France insoumise.

Le pouvoir est engagé dans une dérive autoritaire extrêmement inquiétante. Il y a déjà des moyens pour arrêter les casseurs. Mais on rentre dans l'arbitraire avec les arrestations préventives sur l'hypothèse que, peut-être, ils pourraient être des casseurs. La justice doit fonctionner sur des faits, pas sur de l'arbitraire. Ça va être l'autorité administrative qui va décider qu'un individu vient peut-être pour casser. Il y a besoin d'ordre, mais il n'y a pas d'ordre sans justice.

Un grand débat "biaisé d'avance"

La France insoumise refuse de participer au comité de suivi au grand débat national. Manuel Bompard justifie ce choix:

On participerait volontiers à ce grand débat s'il n'était pas biaisé d'avance. Comme le dit Chantal Jouanno, le pouvoir politique est présent à tous les niveaux. Quand on nous demander si on préfère baisser les impôts ou supprimer des services publics, je tiens à dire qu'il y a une troisième possibilité, c'est d'augmenter la contribution des plus riches et des multinationales dans ce pays. Les questions du débat sont extrêmement biaisées.

 

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