Emmanuel Macron giflé dans la Drôme : "pas forcément quelque chose qui relève de la colère sociale"

Emmanuel Macron giflé dans la Drôme : humiliation de la fonction, ou occasion de rebondir pour un président au contact de son peuple ? Jérôme Sainte Marie, analyste politique, sondeur et président de la société d’études et de conseil PollingVox, était l’invité de Patrick Roger le 9 juin dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10. 

Emmanuel Macron à Martel le 3 juin 2021. (Lionel Bonaventure - AFP)

"On se souvient de la répression des Gilets Jaunes"

Sur un plan purement politique, que faut-il penser de cette gifle, dans la lignée du mouvement des Gilets Jaunes, auquel l’agresseur d’Emmanuel Macron serait lié ? "Il ne faudrait pas abuser d’explications sur cet acte isolé, estime Jérôme Sainte Marie, analyste politique, sondeur et président de la société d’études et de conseil PollingVox. C’est quelque chose qui recevra plus d’explications qu’il n’aura eu de cause. Il est possible que l’on soit juste face à quelqu’un qui cherche à attirer l’attention sur lui."

Est-ce qu’indépendamment d’Emmanuel Macron, cette gifle abîme la fonction présidentielle ? "Je n’en suis pas sûr. Cela s’inscrit dans un moment où le président de la République a abaissé la fonction. Effectivement, il y a eu toute une série d’événements comme, dès le début du quinquennat, cette étrange fête de la musique sur le perron de l’Elysée. Cela, par exemple, est une action du président de la République qui affaiblit la fonction. On se souvient évidemment tous de l’attitude du pouvoir, de la répression du phénomène des Gilets Jaunes. Cela suscite de la colère, et ainsi de suite. Là, face à un événement inopiné, il n’y a pas forcément quelque chose qui relève de la colère sociale."

 

 

"On a une intolérance totale à la contestation politique"

Néanmoins, Emmanuel Macron prend-il un risque en allant ainsi au contact de la population ? "C’est un comportement depuis le début du quinquennat, et même depuis la campagne électorale. On le voit souvent aller au contact. Il faut quand même être prudent : dès que l’on élargit le cadre, on s’aperçoit d’une présence policière et d’une très grande sélection des individus. La prise de risque n’est pas aussi forte que cela."

Cela reflète-t-il quand même un climat délétère de la politique et de la société ? "Je n’en suis pas sûr. Vous allez avoir une instrumentalisation de cet acte isolé pour davantage de contrôle d’Internet, de censure, de lois répressives. Désormais, on a une intolérance totale à la contestation politique. Une volonté acharnée, depuis quatre ans, d’imputer à l’espace de liberté qu’est Internet tous les maux de la société. Il y a un moment conjoncturel de sortie du Covid qui fait que le président est plus populaire. Cela n’aura pas un immense impact immédiat sur son image. Cela peut contribuer à une impression de délitement et d’affaiblissement de l’État. Cette impression de chaos peut être renforcée par cet acte, même si les causes de celui-ci ne sont pas forcément très importantes."

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