La colère lycéenne se poursuit ce mardi 6 octobre et, cette fois-ci, elle ne concerne pas que les grandes villes comme Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes… Le mouvement s’étend à toutes les villes de France et inclut aujourd'hui le personnel de l’Éducation nationale ainsi que des travailleurs, des retraités, des pompiers mais surtout, des agriculteurs.
Des appels à la grève
« L’acte III » est donc le nom de cette nouvelle journée de mobilisation lycéenne, sensée faire monter le ton d'un cran. Des dizaines de manifestations sont prévues partout en France, comme à Paris à partir de 14 heures, de République à Nation. En plus de cela s’ajoutent les blocages des lycées dans l’ensemble du territoire. Et, d’après le syndicat de l’Union étudiante, « 57 sites universitaires » sont également bloqués. De son côté, la CGT et de nombreux autres syndicats appellent à « saisir des possibilités de mobilisations (…) y compris par la grève ».
« Les lycéens voient leurs parents trimer au travail pour peu de revenus »
S'il est encore trop tôt pour parler de tournant voire de bascule, ce mardi sera en tout cas marqué par le soutien des agriculteurs aux lycéens. Adeline Garrick, éleveuse de brebis dans le Lot, sera par exemple aujourd’hui présente avec ses collègues de la Confédération paysanne à Figeac, dans le Lot, aux côtés des lycéens. Non loin, d’autres seront à Gourdon, Cahors et Saint-Céré. « Ils voient leurs parents trimer au travail pour peu de revenus, déplore-t-elle et se questionne. Comment on peut les accompagner, eux, à être dans une société soit au mieux pour eux ? »
Des revendications légitimes pour les agriculteurs
Malgré le train de vie compliqué des agriculteurs français, notamment par rapport à leur temps de travail, aux horaires et autres multiples contraintes administratives, Adeline comprend parfaitement les revendications des lycéens. Et de citer en exemple sa fille : « Elle n’a pas 15 ans. Elle se lève à 5 h 45. Son bus est à 6 h 45 à 15 minutes de la maison et elle arrive à Figeac à 7 h 15 alors que les cours commencent à 8 h. Elle rentre à la maison à 19 h 15. Même nous, on ne le ferait pas en tant que travailleur. »
« Ils jouent leur avenir à long terme »
Dans le Tarn, Daniel Coutarel, 71 ans, agriculteur adhérent à la Confédération paysanne, sera lui à Albi, aux côtés des lycéens, pour les soutenir. « Ils jouent leur avenir à long terme, ils ont encore plus de légitimité d’exiger tout un tas d’éléments », dit-il. Pour éviter tout danger en cas de mouvement de foule, les tracteurs resteront à la ferme.