L'édito de Thierry Guerrier : "Zemmour se mue en Elon Musk de la droite, il bouscule les codes et les habitudes"

Dans son édito du jour, Thierry Guerrier revient sur la "tornade Zemmour" qui est en train de bousculer les projets présidentiels de la droite classique.

Dans son édito du jour, Thierry Guerrier revient sur la "tornade Zemmour" qui est en train de bousculer les projets présidentiels de la droite classique.

"On peut même dire qu’au train où vont les choses, Éric Zemmour va torpiller littéralement l’agenda, le futur programme et l’image même du prochain candidat de la droite traditionnelle, pour 2022" car… à quoi assiste-t-on depuis la semaine dernière,
à droite ?

On a, d’une part, un personnage qui minaude encore, certes, "j’y vais j’y vais pas, je choisirai mon moment pour le dire", mais qui derrière ses formules de style est déjà largement en campagne. Une personnalité solitaire, Éric Zemmour qui bat des records d’audience à la télévision, impose ses thèmes de prédilection dans le débat public (émigration, insécurité, déclin de la France) et qui se paye même le luxe de faire exploser la famille Le Pen pendant le week end, en affichant à Budapest sa proximité avec Marion Maréchal-Le Pen… contre sa tante marine.

Et puis, d’autre part, en face on a un le bon-gros-parti-d’élus-de-terrain de la droite traditionnelle, les "LR", qui prend son temps, annonce (comme si c’était Austerlitz, un coup de génie, une victoire sur ses turpitudes du passé) qu’il n’organisera pas de "primaire" (effet waou instantané), qu’il ferme la porte à ses alliés centristes dans le processus de désignation de son futur candidat (Je t’aime moi non plus) et qu’il revient aux bonnes vieilles méthodes d’un congrès, où tout est verrouillé d’avance, comme au bon vieux temps du RPR

Bref, on a d’un côté une fusée, Zemmour en Elon Musk de la droite, qui bouscule les codes et les habitudes et de l’autre l’éléphant des républicains, qui risque d’être abattu et dépecé, avant même de comprendre ce qui est en train de lui arriver.

Si les LR ne se reprennent pas vite et n’accélèrent pas le tempo, ils risquent tout simplement de vivre en 2022, avec Éric Zemmour, ce que le PS a vécu en 2017 avec Emmanuel Macron… prendre une belle vague de dégagisme dans la figure…"

"Mais, si les "Républicains" ne veulent pas organiser de "primaire" c’est pour éviter de se diviser. c’est plutôt bon pour eux, c’est ce que demandent les militants, non ?"

"Parce que vous trouvez que depuis l’annonce du congrès ils ont resserré les rangs ? On a plutôt le sentiment que, chez Les Républicains, la course des petits chevaux, est repartie de plus belle… Éric Ciotti déclame partout "je vais créer la surprise" (on est jamais mieux servi que par soi-même). Valérie Pécresse surfe sur la crise des drogués au crack du jardin d’Éole à Paris pour faire son Hidalgo en campagne devant les caméras, (ça lui évite de voir que Xavier Bertrand a creusé l’écart avec elle dans les sondages) au moins, Michel Barnier et Philippe Juvin se font eux plus discrets... tous refont des tours de piste… poursuivent leurs débats byzantins sur "comment les départager"… et tout ça va durer, tenez vous bien, jusqu’au 4 décembre ! Plus de 2 mois encore de cet entre soi politicien, alors qu’Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon parlent de la France, de son histoire et de son futur. Cherchez l’erreur, c’est ravageur pour la droite.