Jordan Bardella : "La France est un parc d'attractions pour délinquants et criminels"

Jordan Bardella, vice-président du RN et député européen, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger, jeudi 10 septembre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Jordan Bardella interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 10 septembre 2020 à 7h40.

Le conseil scientifique a averti que l'exécutif allait devoir prendre des décisions "difficiles" dans les jours à venir. Pour Jordan Bardella, vice-président du RN, "la stratégie du gouvernement n’est pas claire". Il veut notamment baisser à sept jours la quatorzaine même "s'il faut parfois jusqu’à 8 jours, dans un certain nombre de départements, pour obtenir le résultat d’un test".

"Mieux vaut le port du masque que le confinement"

Selon le député européen, il faut accélérer les tests contre le Covid-19, autant sur la quantité que sur la rapidité des résultats. Il pointe en outre un manque de clarté sur la question des masques. "Il y a quatre mois le gouvernement a fait ouvertement campagne contre le port du masque, aujourd’hui c’est limite s’il n’y a pas une injonction préfectorale pour porter un masque sous la douche", déplore-t-il, préférant toutefois "un port du masque généralisé" à "un confinement". "Il faut continuer de généraliser le port du masque", estime Jordan Bardella.

Beaucoup de personnes se font tester sans être forcément cas contact ou symptomatiques, simplement par peur ou pour savoir s’ils sont malades. Pour le vice-président du RN, c’est lié au manque d’organisation de la France : en Italie, où il est allé au mois d’août, souligne-t-il, on prend la température, "vous êtes contrôlé à la frontière" et on prend "votre nom, vos coordonnées" dans les restaurants. "Lorsque je suis revenu à la frontière française il n’y a pas eu le moindre contrôle. Vous passez la frontière sans être contrôlé", rapporte-t-il. La politique du gouvernement est "un peu floue", selon l'eurodéputé, pour qui il faut "écarter au maximum l’hypothèse d’un nouveau confinement, quitte à privilégier des mesures de confinement individuel et notamment le port du masque".

"L'insécurité est un sujet majeur"

Mercredi 9 septembre, le gouvernement a tenu un séminaire sur la sécurité auquel Jordan Bardella déclare ne pas en avoir retenu "grand chose". "J’ai lu que le président de la République a demandé à ce qu’on calme le jeu sur l’insécurité", regrette-t-il, appuyant sur le fait que "l’insécurité est un sujet majeur". "La France est devenue un gigantesque parc d’attractions pour les délinquants et les criminels où l’impunité est reine", s'indigne le parlementaire européen.

Et ce n'est pas le nouveau garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, qui va convaincre Jordan Bardella. "Je ne vois pas comment la justice pourrait se placer aujourd’hui du côté des victimes lorsque le ministre de la Justice est applaudi lorsqu’il va en prison, non pas par les surveillants de prison mais par les délinquants", souligne-t-il, se souvenant du premier déplacement du ministre de la Justice à Fresnes, en juillet dernier. Dupond-Moretti a déclaré que l’insécurité était un fantasme : "non, ce n’est pas un fantasme", explique Jordan Bardella. Le vice-président du Rassemblement National juge que "les chiffres qui nous sont donnés sont faux" et prend en exemple celui des cambriolages qui "ne prennent pas en compte les cambriolages des résidences secondaires".

Marine Le Pen au pouvoir dès 2022 ?

La rentrée politique de Marine Le Pen a été plutôt discrète. Pas selon Jordan Bardella qui rappelle que "nous avons tenu un meeting ce week-end en formation réduite". "Je crois que Marine Le Pen arrivera au pouvoir en 2022", assure le jeune poulain du RN, pour qui "un choix de société se posera en 2022" car Emmanuel Macron "sera jugé sur son bilan".

En Grèce, l’île de Lesbos, qui accueille 12.000 migrants, est ravagée par un incendie, menaçant les campements, dont une partie sont déjà détruits. "Les migrants qui sont sur l’île de Lesbos doivent être reconduits vers leur pays d’origine", estime Jordan Bardella qui précise qu’une enquête est en cours pour déterminer les causes de l’incendie. L'enquête s'oriente vers un incendie allumé "par les migrants eux-mêmes" qui n’étaient "pas satisfaits des conditions de vie sur place", rapporte-t-il.

 

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