Jean-Baptiste Lemoyne : "Il est important d'être aux côtés de nos professionnels du tourisme"

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le mercredi 4 mars sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Jean-Baptiste Lemoyne interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le mercredi 4 mars à 7h40.

"Il faut s'habituer à vivre dans la durée avec ce Coronavirus", prévient d'entrée Jean-Baptiste Lemoyne. Face à ce constat, "il faut s'adapter, adopter un certain nombre de précautions d'hygiène élémentaire, un certain nombre de restrictions dans des activités sociales", annonce-t-il. Des rassemblements de plus de 5.000 personnes dans des endroits confinés ont été interdits pour éviter la propagation du virus.

Mais le secrétaire d'État précise, "il ne faut pas que la vie s'arrête". "On fait tout pour que la vie continue mais ça veut dire qu'il faut que chaque citoyen puisse prendre un certain nombre de dispositions pour que la vie continue de la façon la plus normale possible, en sachant qu'il y a ce phénomène, on souhaite au maximum endiguer sa propagation", annonce-t-il.

 

Des stocks de masques en nombre conséquent

Un décret officiel a été publié dans la nuit de mardi 3 mars à mercredi 4 mars, réglementant les stocks de masques. "On a un stock global qui est de l'ordre d'une centaine de millions, mais il y en a 15 millions qui sont distribués dans les hôpitaux et pharmacies, pour équiper les personnes qui en ont besoin", affirme Jean-Baptiste Lemoyne, qui insiste sur le fait que les personnes "bien portantes n'en ont pas besoin". "Il faut les distribuer aux personnes les plus faibles, atteintes, et au personnel soignant", invite-t-il, en confirmant que "les règles d'hygiène élémentaire sont des barrières déjà importantes".

La France a envoyé du matériel en Chine et dans d'autres foyers touchés par le virus comme l'Iran, pour "pouvoir aussi apporter une contribution". "On est dans une logique humanitaire", précise le secrétaire d'État, qui se félicite du décret grâce auquel "tous les masques produits en France resteront en France, il n'y a pas d'exportation possible". Une réunion est organisée mercredi 4 mars, au ministère de la Santé entre les producteurs et le ministère pour travailler sur les exportations. "Ce décret de réquisition fait qu'il n'y a pas de crainte à avoir sur l'alimentation. On est équipé pour répondre aux besoins", rassure Jean-Baptiste Lemoyne.

 

Un enchaînement de réunions

Les ministres de la Santé européens devront se retrouver le 6 mars prochain. "C'est important pour coordonner les réponses. Cette libre circulation fait qu'il est important d'avoir des réponses les plus proches possibles", commente-t-il. "Mardi prochain, je réunis le comité de filière tourisme pour suivre la situation", annonce le secrétaire d'État auprès de l'Europe et des Affaires étrangères. Il observe aujourd'hui "une chute de 20% des arrivées aériennes, et de 5 à 10% pour l'hébergement", note-t-il. "Face à cela on a décidé avec Bruno Le Maire d'avoir une réponse massive de soutien aux entreprises avec par rapport aux charges, des prêts de trésorerie avec les banques d'investissement. On est dans une situation exceptionnelle qui demande des réponses exceptionnelles", annonce Jean-Baptiste Lemoyne, qui prévoit "une baisse de l'ordre de 5 à 8% dans le tourisme" dans les prochains mois. "Nous avons encore beaucoup d'arrivées depuis les USA, le Royaume Uni qui compense presque la clientèle asiatique qui est à -80%", se rassure-t-il. "Nous sommes la première destination touristique au monde, il est important d'être aux côtés de nos professionnels", insiste le secrétaire d'État.

Dans les aéroports, il y a "un dispositif qui concerne les vols en provenance des zones les plus infestées, pour lesquels il y a une prise de température", rappelle-t-il. Jean-Baptiste Lemoyne compte surtout "sur la responsabilité personnelle pour que chacun ait le bon réflexe. Les consignes ont été données, on est dans la phase 2, tout le monde est sur le pont. Au fur et à mesure, les consignes sont prodiguées à l'ensemble des secteurs", assure-t-il. Le stade épidémique "se rapproche mais on n'y est pas encore", affirme l'invité. "Tout ça est évolutif et les mesures seront amenées à évoluer en fonction de l'évolution du virus".

 

Le 49-3, une étape

Pour la 89e fois de son histoire l'article 49-3 a été utilisé par l'exécutif au Parlement. "C'est un outil qui est dans la Constitution française depuis 1968", rappelle Jean-Baptiste Lemoyne, qui regrette "que l'opposition ait noyé d'amendements le parlement pour qu'il ne puisse plus débattre". "C'est dommage, car il n'y a pas eu vraiment de débat sur le fond", estime-t-il. "Une étape", selon lui, alors que le texte se dirige vers le Sénat. "Il n'y a pas de 49.3 là bas", précise-t-il. Le texte reviendra ensuite à l'Assemblée, où "le débat se poursuit et c'est heureux", juge le secrétaire d'État.

À quelques kilomètres de nos frontières, la Grèce vit une crise qui rappelle la même tension migratoire de 2015. "Les Européens doivent faire preuve de beaucoup plus d'unité et de soutien face aux pays qui sont en première ligne face à cette situation (Grèce, Bulgarie)", réagit Jean-Baptiste Lemoyne. "Le président Erdogan utilise les migrants comme une sorte de menace, c'est du chantage", s'indigne-t-il, en rappelant l'accord "qui nous lie à la Turquie et qui prévoit un accompagnement financier massif (6 milliards d'euros) pour aider la Turquie à installer les migrants et les accompagner dans leur nouvelle vie". "Quand il y a un accord, il faut que les deux parties soient au rendez-vous. Nous on est au rendez-vous d'un point de vue financier, il faut que la Turquie soit au rendez-vous de son côté aussi", insiste le secrétaire d'État.

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