éditorial

L'édito de Michaël Darmon

A propos...

Journaliste au service économie et politique de TF1 de 1990 à 1993, il est le correspondant de la RTBF à Jérusalem de 1992 à 1993. En 1994, il entre à France 2, au sein du service politique. Il suit l...
Michaël Darmon ©Anthony Ghnassia

Lors de l'Émission Politique d'hier, c'était le dernier grand oral d'Emmanuel Macron avant le premier tour de la présidentielle. Il voulait montrer qu'il était capable de l'emporter face à Marine le Pen, puis de gouverner, mais cela s'annonce difficile.

 

Pour comprendre il faut aller derrière le décor de la belle histoire En Marche, parce qu'il ne dit pas tout le candidat Macron. Il est obligé de parler avec les partis. S'il ne faut pas confondre entre les soutiens de Macron pour l'élection présidentielle, une élection très personnalisé dans la Cinquième République, et les adhérents à En Marche,  un mois après la présidentielle se tiendront les élections législatives, qui ont une très grande importance. Un simple exemple, si l'on prend les 97 circonscriptions d'Île-de-France, aujourd'hui Macron ne peut pas en gagner plus de 10 ou 20, parce que les formations politiques vont placer des candidats. Il y aura des candidats LR, UDI, PS et les Marcheurs. Pour pouvoir gagner des circonscriptions, il faut exactement ce qu'Emmanuel Macron prétend ne pas vouloir faire, c'est-à-dire, négocier avec les appareils.

Voici une scène qui s'est déroulée dans le bar le Brazza, dans le quinzième arrondissement de Paris rue Vaugirard, à 200 mètres du siège du parti Les Républicains. Christian Estrosi et Jean-Paul Delevoye, le président de la commission d'investiture du mouvement En Marche, se sont rencontrés. Et la discussion ne se faisait pas avec un accueil de façade comme c'était le cas à Marseille, afin de masquer le fait qu'une négociation était en cours. Les termes de la négociation sont les suivants, Christian Estrosi prépare un appel d'élues dès le soir du premier tour, si Macron est en situation, afin de voter en sa faveur. En échange Les Républicains et les candidats En Marche vont s'aider dans la région PACA pour les élections.

À gauche, l'analyse est similaire. En Marche n'aura pas de majorité, donc il faut former un groupe contre un soutien, afin de maintenir le patrimoine financier du Parti socialiste. Ce dernier n'a pas décidé de mettre la clé sous la porte, puisqu'il n'est pas endetté. Les socialistes hollandais l'ont bien compris, pas question de brader la maison à Hamon, qui n'a aucun poids au PS. C'est la raison pour laquelle, ils ont fait ce mouvement vers Hamon la semaine dernière. Pas question de laisser la maison à Manuel Valls n'ont plus. Voilà pourquoi ils se rangent derrière le candidat, pour mieux le pousser vers la sortie après la campagne et reprendre la maison tout en imposant une négociation à En Marche. S'il est élu Macron devra immédiatement faire connaissance avec le partenaire principal d'un président en exercice : le principe de réalité. Pour cela, faut-il encore être élu.

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