États généraux de l’alimentation : "Nous voulons des prix, pas des primes

États généraux de l’alimentation : "Nous voulons des prix, pas des primes
illustration © REMY GABALDA / AFP

Emmanuel Macron reçoit lundi les différents représentants des syndicats d’agriculteurs pour parler des états généraux de l’alimentation mais aussi des aides européennes.

Pendant une demi-heure chacun, les différents syndicats d’agriculteurs sont reçus lundi à l’Élysée par Emmanuel Macron. Au programme : les états généraux de l’alimentation mais aussi les aides européennes dont les équilibres viennent d’être modifiés pour raisons budgétaires. Invitée de Sud Radio lundi matin avant cet entretien, Véronique Le Floc’h, secrétaire générale de la Coordination rurale et productrice de lait bio dans le Finistère, plaide pour une meilleure rémunération des agriculteurs. "Un agriculteur sur deux gagne moins de 350 euros par mois. C’est scandaleux pour des agriculteurs qui se lèvent tous les jours, qui ne peuvent pas se permettre d’avoir des congés", déplore-t-elle en pensant à l’avenir : "Il faut trouver la solution pour que, demain, grâce à des prix rémunérateurs, on puisse avoir encore de nombreuses installations pour maintenir une agriculture qui fournisse en quantité et en qualité des produits à l’agroalimentaire français"

Deux centimes d'augmentation

Prenant l’exemple d’une baguette où le prix du blé ne représente que "trois centimes", Véronique Le Floc’h assure qu’une augmentation de deux centimes allant "directement dans la poche du producteur" permettrait de vendre le kilos de céréales 21 centimes au lieu de 13 centimes. "Avec 21 centimes il couvre ses coûts de productions. Ensuite sa rémunération, il la fera selon ses rendements", calcule-t-elle tout en mettant en cause la répartition des marges au niveau des intermédiaires. 

La productrice de lait bio réclame également une réforme du système qui permette "d’anticiper les crises plutôt que de les subir" en évitant d’aller "chercher de l’argent qui ne sera jamais une solution à nos problèmes". "Nous voulons des prix, pas des primes", résume Véronique Le Floc’h. Pour y parvenir, la Coordination rurale souhaite revoir les normes fiscales, sociales et environnementales "bien plus strictes" que dans d’autres États membres de la Politique agricole commune afin de les harmoniser à l’échelle européenne. Le syndicat attend aussi de la part de l’État et de l’UE des fonds pour accompagner la transition "vers une agriculture plus durable voulue par les consommateurs et des producteurs". "Produire autrement, c’est produire avec des coûts qui sont autres en terme de main d’œuvre, en terme de matériels pour éviter des traitements", rappelle-t-elle. 

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