Éric Piolle : "il faudra bien évidemment se faire vacciner"

Éric Piolle, le maire de Grenoble, estime qu'il faudra bien évidemment se faire vacciner contre le Covid-19. Il juge par ailleurs cohérente la stratégie vaccinale énoncée par la Haute autorité de santé, qui consiste à vacciner en priorité les personnes vulnérables.

Éric Piolle, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio dans "C'est à la une".

Éric Piolle était l’invité de Patrick Roger le 3 décembre 2020 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio.

"Nous avons besoin que le gouvernement accompagne toute cette économie de la montagne"

Interrogé sur sa déclaration comme quoi la fermeture des stations de ski n’était pas un sujet majeur, Éric Piolle a répondu : "je m’adressais à l’ensemble des Français. Comme vous savez, il n’y a que 6% des Français qui vont au ski. Les maires, nous vivons une épidémie de la pauvreté. Cette pauvreté s’est propagée partout. Avant-hier, j’ai été dans une distribution alimentaire. Notre quotidien, c’est ça.

Après, pour nous tous qui vivons de la montagne, c’est une situation qui est un peu ubuesque dans la façon dont elle a été exprimée. Et puis c’est une violence de voir le Covid se rajouter à un monde qui vit déjà le changement climatique d’une façon extrêmement concrète. Il y a quelques semaines, j’étais avec Domaines Skiables de France pour échanger avec eux sur les grands enjeux, le climat, l’adaptation à l’environnement et la limitation des gaz à effet de serre. Je suis à leurs côtés évidemment. Dans les massifs montagneux, nous avons besoin que le gouvernement accompagne toute cette économie de la montagne, les saisonniers."

Si Éric Piolle est favorable à la fermeture des stations de ski, c’est aussi pour soulager les hôpitaux. "Je suis le président du Conseil de surveillance de l’Hôpital de Grenoble. Évidemment, pendant les vacances, tous les blessés des Alpes convergent vers Grenoble. La dimension de protéger les lits d’hôpitaux, c’est pour moi une expression très concrète. Nous cherchons à protéger les lits d’hôpital, pour moi, de ce point de vue-là, il y a une cohérence à ne pas prendre trop de risques en envoyant des traumatos à l’hôpital."

"Cibler en priorité les personnes vulnérables me semble légitime"

Éric Piolle souhaite aussi que l’État organise des dépistages massifs au Covid-19. "Je demandais depuis plusieurs mois de faire des tests massifs sur deux quartiers. Pour nous permettre d’avoir connaissance de la situation du virus, même si ce n’est pas parfait car avec des tests antigéniques, on rate des positifs. Mais aussi parce que cela nous permet d’entrer en contact avec les habitants. Pendant les 20 minutes [durant lesquelles] on attend le test, nous aurions du personnel pour aborder les risques, les modes de vie… Après, si on s’engage là-dedans, il faut le faire à échéance régulière pour voir la progression de la maladie. Car ce ne sont pas les tests antigéniques qui nous permettront de développer la stratégie tester-isoler pour éviter la troisième vague."

S’agissant des vaccins, "on attend les résultats de la phase 3. Il y a un effort scientifique qui a été fait par le monde en moins d’un an. Parce qu’on ne se rend pas assez compte de ce qu’a amené la vaccination dans l’histoire. 300 millions de morts de la variole au 20e siècle éradiqués grâce aux vaccins. Il faudra bien évidemment se faire vacciner. Et cibler en priorité les personnes vulnérables me semble légitime. Pour l’instant, cette stratégie me semble cohérente.

Au sein de la population française, plus qu’ailleurs, il y a une réticence vis-à-vis des vaccins. Mais c’est des fake news. Il faut voir ce que cela nous amène collectivement. Je pense que le vaccin est aujourd’hui la meilleure piste pour nous permettre de sortir de cette crise sanitaire et nous concentrer sur la crise climatique, qui produit des inégalités sociales et un danger pour toute l’humanité", a déclaré Éric Piolle.

 

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