Élisabeth Lévy - "Aujourd'hui, la France rejette une grande partie de l'héritage de Giscard"

Valéry Giscard d'Estaing a dit "Au revoir" une dernière fois, hier, à l'âge de 94 ans. Dernier souvenir d'une France apaisée, précurseur de la mondialisation heureuse et européiste convaincu quitte à reprocher aux Français le "Non" de 2005, notre éditorialiste revient sur la trace politique que "Giscard" laisse dans son sillage.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

 

"Giscard, c'est aussi le président de nos derniers jours heureux. Pour ce qui est du politique, il incarne la droite libérale, orléaniste, anti-gaulliste. On ne parlait pas encore de mondialisation heureuse mais dans le fond, il est un peu l'ancêtre de la start-up nation. La plus grande critique que je ferai à Valéry Giscard d'Estaing, c'est son européisme, la chimère supranationale. L'idée du couple avec l'Allemagne me paraît être une faribole, car c'est le rapport de force qui décide, pas l'amour. Je m'étais laissée entendre qu'il avait dit en 2005, après le "Non" au référendum : "ce n'est pas grave, on fera voter les Français jusqu'à ce qu'ils disent "Oui". C'est un homme d'une grande intelligence, un lecteur incroyable, mais aujourd'hui la France rejette en grande partie l'héritage giscardien : la mondialisation heureuse, les frontières ouvertes, et je ne vous parle même pas du regroupement familial."