Démission de Michèle Rubirola à Marseille : "Il va falloir s’expliquer auprès des Marseillais"

Alexandra Louis, députée LREM de la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône, était interviewée dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 16 décembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Michèle Rubirola avec son premier adjoint socialiste Benoît Payan le 4 juillet 2020, à Marseille (Clément Mahoudeau - AFP/Archives)

À Marseille, Michèle Rubirola échange sa place de maire avec son premier adjoint. Est-ce vraiment une surprise, alors que cette possible succession avait déjà été évoquée durant la campagne ? Alexandra Louis, députée LREM de la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône, réagit à cette démission.

 

Des Marseillais peu surpris... Reportage de Lionel Maillet

 

"On se sent un petit peu floués par ce qui s’est passé"

"C’est un peu le secret de Polichinelle qui courait depuis des mois, et maheureusement tout cela s’est concrétisé, estime-t-elle. C’est un peu triste pour les Marseillais, ce qui s’est joué hier. Que Mme Rubirola annonce sa démission, personne n’est surpris. Par contre, les explications qu’elle a données posent beaucoup de questions. Elle évoque des problèmes de santé, c’était la raison la plus légitime et on ne peut que lui souhaiter un prompt rétablissement."

"Mais en réalité, elle nous dit qu’elle ne s’en va pas, qu’elle échange avec son premier adjoint et va devenir première adjointe, poursuit la député Lrem. Il y a deux autres raisons qu’elle nous donne : l’état de la ville et la crise sanitaire. Mais ce n’est pas nouveau, tout le monde a fait campagne sur ces thèmes-là. On se sent un petit peu floués par ce qui s’est passé."

 

"Où est la démocratie dans tout ça ?"

Pour autant, Michèle Rubirola estime que c’est une équipe, un collectif, qui a été élu, et non juste une femme tête de liste. "Il faut que les choses se passent en conseil municipal, mais son slogan de campagne était 'Rubirola est là', rappelle Alexandra Louis. "C’était une campagne basée sur l’antisystème, le renouveau. Or la maire de Marseille nous dit que le renouveau ne marche pas et qu’elle va aller chercher M. Payan, qui a sûrement beaucoup de qualités, mais ne représente pas franchement le renouveau. Finalement, elle cède la place à un homme qui est sur la scène politique marseillaise depuis vingt ans. Cela donne l’impression d’être dupé par ce qui s’est passé."

Quels sont les recours possibles, six mois après l’élection ? "Je ne suis pas spécialiste du droit électoral, mais il me paraît difficile d’avoir un moyen d’action, estime la députée. Avant la responsabilité juridique, il y en a une politique, démocratique. Il va falloir s’expliquer auprès des Marseillais. Franchement, tout cela laisse un peu dubitative. Il doit y avoir un conseil municipal, un vote, mais on nous dit que tout est déjà plié, que ce sera M Payan. C’est un peu choquant ; où est la démocratie dans tout ça ?"

 

Autres réactions:

 

"Les Marseillais n'ont pas signé pour ça. S'ils ont signé un pacte, ça serait une tromperie électorale" - Saïd Ahamada, député LREM des Bouches-du-Rhône (joint par Mathilde Choin), craint que les Marseillais n'aient été trompés depuis le début

 

"Les Marseillais n'ont pas voté pour M. Payan. Les marseillais ont été floués" - Le sénateur Rassemblement national des Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier (joint par Mathilde Choin), dénonce ce qu'il appelle une "grave entorse à la démocratie" et demande une nouvelle élection

 

 

 

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