Dans le Cher, Édouard Philippe attendu de pied ferme sur plusieurs sujets

Reportage Sud Radio. Alors qu’Édouard Philippe et ses services travailleront de manière délocalisée dans le Cher jusqu’à vendredi, élus, agriculteurs et associations comptent bien interpeller le Premier ministre sur certains sujets.

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Après le Lot en décembre, c’est cette fois-ci dans le Cher qu’Édouard Philippe et ses conseillers se délocaliseront pour deux jours de travail à la rencontre des acteurs de ce département rural. Agriculteurs, entrepreneurs, associations, élus locaux… Tous entendent bien échanger avec le Premier ministre et lui faire part de leurs attentes.

Comme dans beaucoup d’autres départements ruraux, l’abaissement de la vitesse maximale autorisée à 80km/h, par exemple, fait beaucoup tiquer les habitants. Alors que 4600km de routes sont concernées dans le Cher, Thierry Machet, coordinateur de l’antenne locale de l’association des Motards en colère, dénonce une mesure décidée à Paris et sans prise avec la réalité du terrain. "On ne comprend toujours pas le fait de s’obstiner dans cette mesure. Perdre deux minutes sur dix kilomètres, quand on regarde le nombre de kilomètres parcourus dans la ruralité… On va aussi mettre en péril certaines entreprises qui font de longs déplacements et qui vont perdre du temps sur la route. Automatiquement, ils vont augmenter leur tarif et qui va en pâtir ? Le contribuable. À Paris ils ont le droit de rouler à 70 sur le périphérique, mais ils sont malheureusement souvent dans les bouchons. Ils n’ont qu’à venir habiter à la campagne, ils s’en rendront compte !", déclare-t-il à Sud Radio.

"Pour faire de l’égalité territoriale, il faut de l’inégalité de traitement"

Président de la Fédération des Jeunes Agriculteurs du Cher, Arnaud Rondier rencontrera Édouard Philippe ce mercredi avec d’autres représentants de la filière agricole locale. Il compte bien tirer la sonnette d’alarme sur le quotidien très difficile des agriculteurs, et notamment sur le nouveau découpage des zones agricoles défavorisées. "Le classement des zones défavorisées est un sujet assez sensible, les paysans sont assez dégoûtés et démunis. Ça fait deux-trois ans qu’avec les aléas climatiques, ce n’est plus trop ça non plus, donc le contexte est très difficile dans le Cher. On voit de plus en plus d’exploitations qui arrêtent, et des personnes de 50 ans qui arrêtent parce qu’ils en ont marre, ce n’est pas normal !", souligne-t-il.

De son côté, le maire de Vierzon, Nicolas Sansu, espère évoquer avec le chef du gouvernement l’avenir des villes moyennes et le plan "Action cœur de villes", qui devrait débloquer 5 milliards d’euros pour revitaliser 222 communes françaises (dont Vierzon). "Vierzon, Bourges, Montluçon, Châteauroux… Regardez la démographie : en 50 ans, les villes ont perdu 20% de leur population, alors que la France en a gagné 30% ! Aujourd’hui, soit on trouve un rebond pour leur permettre de se réinsérer dans le dynamisme, soit on décide que seules les métropoles s’en sortent et on nous laisse mourir à petit feu sans faire trop de vagues ! Pour faire de l’égalité territoriale, il faut faire de l’inégalité de traitement. J’attends donc du gouvernement qu’il nous dise les vrais moyens qu’il va mettre en œuvre pour les villes moyennes. Si ce n’est pas l’objet de la visite, ça ne sert à rien...", indique-t-il.

Propos recueillis par Rémi Vallez