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Cérémonies 11-Novembre : pourquoi des syndicats d'enseignants appellent au boycott

Par Elliott Léonard

ECLAIRAGE SUD RADIO - À partir de cette rentrée 2026, tous les établissements scolaires doivent organiser une cérémonie commémorative annuelle en hommage aux « Morts pour la France », autour de la date de l'armistice du 11 novembre 1918. Une mesure annoncée par le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, en juillet dernier, qui provoque aujourd'hui l'opposition de plusieurs syndicats enseignants.

Le SNES-FSU critique la réponse du gouvernement face à la colère lycéenne. Les 3 000 enseignants remplaçants déployés ne convainquent pas.
SIMON WOHLFAHRT - AFP

Dans une circulaire publiée le 2 juillet, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé l'instauration, à compter de la rentrée 2026, d'un hommage annuel à tous les « Morts pour la France » dans chaque école élémentaire, collège et lycée, public ou privé sous contrat. « L'École a pour mission de permettre aux élèves de devenir des citoyens conscients de partager une destinée commune », écrit Édouard Geffray dans la circulaire, et insiste : « Quel que soit le parcours singulier de chacun, la France émancipe par ce qu'elle donne en partage : un héritage collectif auquel chacun de ses enfants peut prétendre. »

Problème : cette initiative ne fait pas l'unanimité dans le monde enseignant. Le SNES-FSU appelle notamment au boycott de la cérémonie. Sud Éducation critique l'idée d'une école transformée en « antichambre de la guerre ». Le syndicat FSU-SNUipp parle, de son côté, d’une mesure d'« acceptation de la guerre ». Pour le SNALC, c’est « un mauvais message ». Pour les différentes organisations, il y a donc une sorte de consensus.

Élisabeth Lévy : « Ils refusent que ceux-ci rendent hommage à ceux qui sont morts pour eux »

Pour Élisabeth Lévy, ce n’est pas la circulaire qui pose problème, mais plutôt les réactions. Au micro de Sud Radio, elle s’insurge : « Les syndicats de profs, ça ose tout ! Non contents d'encourager leurs élèves dans leurs pires illusions pendant les manifestations, ils refusent que ceux-ci rendent hommage à ceux qui sont morts pour eux », lance-t-elle.

La circulaire d'Édouard Geffray avait pourtant pris toutes les précautions nécessaires pour éviter toute confusion sur la nature de cet hommage, explique-t-elle : « Il ne s'agit pas de célébrer la guerre, mais la paix conquise, la liberté préservée, la résilience d'un peuple, avec une Marseillaise à la fin. »

« Les profs ont le droit d'avoir des opinions et de les garder pour eux »

Élisabeth Lévy défend évidemment le rôle des enseignants dans la transmission, mais révoque l’opinion. « Les profs ont le droit d'avoir des opinions et de les garder pour eux », estime-t-elle, avant de poursuivre : « Leur boulot, c'est d'introduire les élèves dans un monde qui les a précédés, de leur apprendre la gratitude pour les grands auteurs et pour tous ceux qui ont sacrifié leur vie. »

Elle considère également que l'école « c'est aussi le premier lieu d'assimilation, celui où les enfants peuvent s'approprier une histoire qui n'est pas celle de leurs parents », reprenant, selon elle, les termes du ministre de l'Éducation : « La France émancipe par ce qu'elle donne en partage ».

Et l'éditorialiste conclut : « Peu importe que nos ancêtres fussent ou non gaulois, le 11 novembre, les poilus, les monuments aux morts, c'est notre histoire, c'est notre mémoire partagée à tous. » Pour Élisabeth Lévy, si les enseignants ne peuvent pas être contraints d'aimer l'histoire de France, ils ont néanmoins le devoir de la transmettre.

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