Benoît Hamon: "On manque de souveraineté démocratique européenne"

Benoit Hamon, tête de liste Génération.s aux élections européennes, ancien ministre et ancien candidat à la présidentielle, était l’invité politique de Patrick Roger le 20 mai sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

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"Je veux renouer avec le souffle qui a été celui de l’Europe", affirme, au micro de Patrick Roger, Benoit Hamon, tête de liste Génération.s aux élections européennes, ancien ministre et ancien candidat à la présidentielle,

Créer une nationalité européenne

"Le point de départ de l'Europe, ce sont des hommes comme Victor Hugo qui parlait d'États unis d'Europe, ou Aristide Briand qui parlait de nationalité européenne, rappelle Benoit Hamon. La nationalité européenne ne ferait pas disparaître la nationalité française, elle permettrait d'aller plus loin, de jouir de davantage de droits encore".

"Je nous vois comme une vieille nation peureuse, riche, déclinante, confie le candidat. Avant, la France regardait le monde avec confiance et savait que coopérer, ça n'était pas perdre son identité. Aujourd'hui, on a pour l'essentiel des libéraux comme M. Macron qui résument l'Europe à un grand marché et ont oublié la culture, la politique, la démocratie. Puis, ceux qui s'y opposent, qui ne voient de salut que dans le repli à l’intérieur de nos frontières nationales, je leur dis "ne confondez pas souveraineté, c'est-à-dire capacité à décider, avec nationalisme". Aujourd'hui, on manque de souveraineté démocratique au niveau européen. Mais dites-moi le pouvoir que vous allez récupérer sur le climat quand on reviendra à l'intérieur de la nation ?"

Le mensonge sur l'Europe

"Il y a un immense mensonge selon lequel 80% des lois françaises seraient des déclinaisons de normes européennes, s'indigne la tête de liste aux européennes. C’est faux : on en est environ à 20% pour les directives, et nous avons de la souveraineté sur l'essentiel : les questions sociales, de consommation…" En revanche, "les politiques d'austérité sont décidées au niveau européen, et occasionnent des fermetures de services d'hôpitaux. Emmanuel Macron a annoncé un moratoire sur la fermeture des hôpitaux, mais pas des services. On a toujours inscrit un milliard d'euros d'économies à faire dans la masse salariale des hôpitaux. C'est la responsabilité de l'Europe d'imposer la lutte contre les déficits avec ce totem des 3%. Cela a pour conséquence une réduction des services publics. C’est Mme Buzyn qui est responsable pour les hôpitaux. J’affirme que le gouvernement négocie avec la Commission de lui faire des recommandations pour ensuite faire porter la responsabilité à Bruxelles des choix qu’ils veulent faire en France".

Que pense-t-il du SMIC européen proposé par Nathalie Loiseau ? "L’Europe ne peut pas imposer le SMIC européen aux État, estime-t-il. La concurrence se fait entre travailleur de l’est et de l’ouest. Mme Loiseau propose un SMIC européen à 50% du salaire médian, 880 euros. Nous aurons une pression à la baisse sur le SMIC français. Nous, nous nous appuyons sur une proposition déjà votée par le Parlement européen, que le SMIC soit à 60% du salaire moyen, soit 1.340 euros en France. Ce n’est pas échanger une augmentation dans les pays de l'est contre une baisse en France, mais qu'on progresse tous. Il y a un grand tabou dans l’économie française : on ne touche plus aux salaires depuis vingt ans dans ce pays".

 

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