Bartolone et Cambadélis calment les esprits au PS

Dans un contexte très tendu et après la sortie de Manuel Valls dans Le Nouvel Observateur qui déclare vouloir “en finir avec la gauche passéiste”, des voix s’élèvent au Parti socialiste pour calmer les esprits.

"Avons-nous seulement conscience, nous socialistes, de la brutalité des formules que nous nous jetons à la figure, ces temps-ci ? À quoi jouons-nous exactement ?" se demande Claude Bartolone. Le député de Seine-Saint-Denis s'insurge : "Ici, nous serions des passéistes, sommés de changer le nom du Parti socialiste – quelle étrange idée. Là, notre politique menacerait la République – rien de moins", a-t-il dit en référence aux déclarations de Manuel Valls et de l'ancien ministre Benoît Hamon.Pour Claude Bartolone, la réussite socialiste n’existera pas sans unité : "Rassemblons la gauche socialiste, écologiste, communiste, radicale et citoyenne. Je promets que c'est possible, dès lors que nous privilégions la dynamique de projet", explique-t-il.Un message d'apaisement livré par le président de l'Assemblée nationale, qui a rejeté sur RTL l'idée d'un changement de nom du Parti socialiste proposée par le Premier ministre. "Cher Manuel, c'est une faute. Concentre-toi sur ton travail de Premier ministre !" s'est-il emporté. Une sortie qui a rapidement fait réagir Manuel Valls, sur RMC : "Une faute parce qu'on participe à un débat ? Vous me ramenez à des sujets qui n'intéressent pas les Français", a répondu le chef du gouvernement.

“Le pays est à la lutte pour son redressement”

Dans le même temps, le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a tenu une conférence de presse pour appeler à la cohésion : "Balayons les querelles subalternes, les combats secondaires de personnes. Cessons de nous distribuer bons et mauvais points. L'unité doit triompher. Le PS doit l'emporter", a-t-il déclaré, avant de dresser un état des lieux de la situation : "Nous sommes dans l'urgente nécessité de rester unis. Le pays est à la lutte pour son redressement. Le pays a besoin de justice et de réformes. L'Europe de Bruxelles se cabre face aux demandes de croissance. Le national-populisme, avec son cortège de xénophobie, monte dans les urnes et dans les têtes. La droite se radicalise contre notre modèle social. L'urgence écologique ne fait de doute pour personne. Le terrorisme peut à chaque instant frapper nos sociétés. Tout cela appelle au sang-froid, à la dignité, à la réflexion et à la détermination dans l'action."