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Arlette Chabot sur le 1er mai : « Le coup de poignard de Gabriel Attal aux syndicats »

OPINION SUD RADIO – Entre manœuvre parlementaire, colère des syndicats et prudence de l’exécutif, la réforme du 1er mai, portée par Gabriel Attal, révèle des tensions y compris au sommet de l’État.

L’opinion d’Arlette Chabot sur le 1er mai : « Le coup de poignard de Gabriel Attal aux syndicats »

« Le 1er mai, c'est une sorte de 14 juillet pour les syndicats. Ce n’est pas qu'en France, c'est dans le monde entier. C’est un jour férié, chômé, payé, où on ne travaille pas, sauf dans des secteurs essentiels comme les transports, les hôpitaux. Après c'est pas aussi simple que ça, il y a des exceptions, il y a des zones de flou. 

On a beaucoup parlé des fleuristes ou des boulangers, de ces commerces où seul le patron peut travailler, ouvrir sa boutique. Mais c'est lui qui travaille et les salariés ne sont pas là. Certains ont été sanctionnés financièrement ces dernières années, d'où l'idée de faire évoluer un peu la législation. 

"Gabriel Attal est en pré-campagne présidentielle"

De permettre l'ouverture de davantage de commerces. Alors, une proposition de loi pour élargir le champ des possibles a été adoptée il y a quelques semaines au Sénat et maintenant elle revenait, vendredi dernier, cette proposition de loi à l'Assemblée Nationale. C'est le combat d'un certain Gabriel Attal.

Il s'est beaucoup exprimé sur ce sujet sur les réseaux sociaux, il est en pré-campagne présidentielle. Et donc il insiste beaucoup sur cette liberté qui serait accordée aux commerces. Et puis, vendredi, jour de l'examen, on a compris qu'il se passait quelque chose à l'Assemblée, il y a une petite manœuvre parlementaire. 

"Les syndicats ont écrit au Premier ministre"

C’est-à-dire qu'il a voté pour le rejet du texte qu'il défend afin d'accélérer la procédure et éviter toute discussion avec les oppositions. Alors, ça n'a pas plu, effectivement, aux organisations syndicales. Et ces syndicats, très en colère, déjà, sur l'idée, évidemment, de contraindre, peut-être, certains salariés à travailler le 1er mai alors qu'ils n'en ont pas envie, ont écrit au Premier ministre. 

Toutes les organisations syndicales parlent de coups de poignard dans le dos, de scandales, même la CFDT ou les plus modérés et ont demandé au Premier ministre de faire respecter la loi, la procédure, la démocratie. C'est pas rien. »

"Ça tombe super mal"

Il veut calmer le jeu en disant qu'il n'y a pas de passage en force, comme les syndicats le demandent, et il ouvre la discussion, puisqu'il y a un rendez-vous, ce soir, à 18h, avec le ministre du Travail. 

« Franchement, ça tombe super mal. Vous imaginez, Sébastien Lecornu, il est hyper attentif à tous les mouvements de l'opinion, en ce moment, puisque les Français ne regardent que le prix de l'essence dans les stations-service. Ils sont un tout petit peu tendus. Il veut éviter toute montée en pression, tout conflit, donc il fait hyper attention. 

"Les relations entre Attal et Lecornu vont être extrêmement fraîches"

Et paf, cette histoire du Premier ministre lui tombe sur la tête. Alors, le ministre du Travail est chargé de trouver une solution et de prendre son temps. Il dit, le Premier ministre, qu'il faut « prendre le temps nécessaire pour trouver une solution efficace, acceptable ». Évidemment, il n'a pas envie que cette discussion fasse gonfler les cortèges du 1er mai. Et, en plus, il est menacé d'une motion de censure à l'Assemblée par les partis de gauche qui ont été privés de discussion. 

Donc, il fait très attention. Alors, tant pis pour Gabriel Attal, sans doute que cette nouvelle organisation, ne s'appliquera pas au 1er mai 2026. Il faudra un tout petit peu attendre. Et puis, je pense qu'alors, les relations entre Gabriel Attal et Sébastien Lecornu vont être extrêmement fraîches dans les mois qui viennent. »

Retrouvez Soyez Libre dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger

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