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Surendettement : les jeunes pris au piège du paiement en plusieurs fois

DÉCRYPTAGE SUD RADIO - Le paiement en plusieurs fois, les mini-crédits et les achats instantanés séduisent de plus en plus de jeunes consommateurs. Mais derrière cette facilité apparente, les associations de lutte contre la précarité alertent sur une hausse inquiétante des situations de surendettement chez les moins de 35 ans.

Surendettement : les jeunes pris au piège du paiement en plusieurs fois

Les jeunes adultes sont désormais de plus en plus nombreux à accumuler les crédits à la consommation, parfois sans mesurer l’ampleur des engagements financiers qu’ils contractent.

Cette progression s’explique notamment par la banalisation des paiements fractionnés, désormais proposés pour des dépenses du quotidien : vêtements, courses alimentaires, permis de conduire, abonnements ou encore équipements électroniques. Des solutions présentées comme simples et rapides, mais qui peuvent conduire certains consommateurs dans une spirale difficile à enrayer.

"J'avais hier matin un dossier avec 32 crédits"

Pour Jean-Louis Kiehl, président de l’association Crésus, le problème vient aussi du manque de visibilité globale sur l’endettement des particuliers : "Vous avez par exemple un crédit dans une banque, ce qui permet aussi de pouvoir investir, de pouvoir tenir les fins de mois. Mais vous pouvez aller après chez un autre organisme, reprendre un crédit et déclarer que vous avez déjà deux crédits dans votre banque, puis un troisième établissement. J'avais hier matin un dossier avec 32 crédits. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de symétrie d'information. Et la France n'a pas pour l'instant mis en place ce qu'on appelle une centrale des crédits, comme la Belgique ou l'Allemagne depuis 1926", explique-t-il au micro de Sud Radio.

"Les jeunes croient qu'ils ont une liberté absolue"

Pourquoi ? "Parce ce qu'il y avait une hostilité de la part des agents économiques de devoir échanger les informations entre eux, chacun pensant risqué de devoir donner l'information. Et cette symétrie d'information, finalement, conduit les jeunes à croire qu'ils ont une liberté absolue. Mais il y a toujours des limites. Et cette limite n'existe pas en France. Madame Lagarde a essayé de l'introduire, ça a été censuré par la suite par le Conseil constitutionnel, parce que ce serait une atteinte à la liberté. Mais vous savez, l'atteinte à la liberté, c'est quand vous êtes surendetté !", déplore Jean-Louis Kiehl à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

"Ce qu'il faut recommander aux auditeurs, c'est de venir très tôt chez nous"

Les spécialistes observent également que les jeunes concernés ne sont pas uniquement des profils précaires. Certains disposent d’un emploi ou d’un revenu stable, mais multiplient les petits crédits sans véritable suivi budgétaire. Lorsque la situation devient critique, plusieurs dispositifs existent pour éviter l’effondrement financier.

Jean-Louis Kiehl rappelle que la France dispose de mécanismes protecteurs souvent méconnus : "En général, on met en place un plan de surendettement. C'est-à-dire on renégocie avec l'ensemble des créanciers. La Banque de France, la commission de surendettement, propose un plan de remboursement, voire une suspension pendant un certain temps pour permettre au jeune de retrouver du boulot. L'effacement est la solution ultime, quand il n'y a plus de perspective de revenir à bonne fortune. C'est la plus belle des protections en France - ça permet de suspendre les paiements, de mettre en place un échelonnement. Et au bout de sept ans, il y a même un effacement partiel qui s'opère parfois. Donc, on a plein d'outils".

Les associations insistent toutefois sur l’importance d’agir avant que les dettes ne s’accumulent. "Mais ce qu'il faut recommander aux auditeurs, c'est de venir très tôt chez nous. Non pas au moment où ils sont inscrits au Fichier des incidents de paiement. Et, d'ailleurs, les paiements fractionnés, les mini-crédits vont être soumis également à l'enregistrement au Fichier des incidents de paiement. Mais là, c'est déjà trop tard. Donc, on incite le plus grand nombre de citoyens et de jeunes à venir très tôt à Crésus. Et, croyez-moi, on a des solutions", assure Jean-Louis Kiehl au micro de Sud Radio.

Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

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